Le repos des super-héros - Prévention Santé
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Le repos des super-héros

Savons-nous gérer notre fatigue ? Est-ce important pour notre santé ? Quelles habitudes et valeurs cela remet-il en question ?

Je m’adresse ici plus particulièrement aux hommes et aux femmes qui, comme moi, ont reçus une éducation qui valorise le fait d’être actif, entreprenant, dynamique, jamais fatigué, toujours partant pour travailler et de préférence travailler dur. Pour avoir une bonne situation, pour montrer que l’on est bon dans ce que l’on fait, et peut-être bien pour donner une belle image rassurante pour les parents, conjoints, patrons, collègues, etc…

Ce phénomène n’est pas nouveau, puisqu’en 1949 Moshé Feldenkrais écrivait ceci : « Notre connaissance de ce qui est biologiquement important est si étroite que nous vouons un culte à des idées qui, tout simplement, nous semblent « bien ». Par exemple, nous adorons actuellement l’idée d’extraversion, avec comme résultat que même des gens intelligents en viennent à penser que la personne normale est celle qui est active, qui dirige, qui entreprend, tout le temps de sa vie éveillée. Le résultat est un culte de l’extériorisation qui produit un nouveau type de névrosés, ruinant les vies de leurs enfants et gaspillant leurs vies mêmes. Un autre fléau est l’idée de concentration. Le contrôle de soi, l’entraînement, le contrôle conscient et beaucoup d’autres en sont issus. Non, bien sûr, que ces idées soient fausses, mais elles sont enseignées comme des vertus absolues, ce qu’elles ne sont pas. » (L’Etre et la Maturité du Comportement, ed. Espace du Temps Présent.)

Le déclencheur

Bien que le besoin de repos soit tout simplement une question de bon sens, nous nous prenons pour des super-héros que rien ni personne ne peut endommager. Si la fatigue peut mener au burn-out ou autres accidents du travail, cela ne peut en aucun cas nous concerner ! Jusqu’au jour où un état d’épuisement, une maladie, une perte d’emploi, un évènement innatendu nous oblige à nous arrêter.
Nous ne venons pas d’une autre planète, n’avons pas été génétiquement modifiés ni ne sommes immortels. Lorsque nous connaissons l’une de ces situations nous nous sentons affaiblis et ne savons pas comment récupérer vraiment.

Gérer sa fatigue demande du courage

Nous avons besoin de réapprendre à détecter les signes de fatigue lorsqu’ils apparaissent et de nous accorder le repos dont nous avons besoin. Ce qui est loin d’être évident. Parfois les réflexes de dépassement de soi sont si profondément ancrés qu’il nous est même impossible de sentir notre fatigue. Ou bien nous savons que nous sommes fatigués mais nous pensons évoluer dans un contexte dans lequel prendre du repos n’est pas une option. Nous remettons à plus tard un de nos besoins biologiques.

Si prendre soin de soi devient une nécessité, alors nous avons besoin de faire quelques ajustements :

  • d’emploi du temps : remettre un projet à plus tard, organiser différemment nos vacances, moins remplir nos journées, etc…
  • en terme de disponibilité : revoir nos priorités, savoir dire non, s’accorder plus de temps, réévaluer les délais …
  • dans notre relation aux autres : expliquer que grâce à notre démarche nous serons plus efficaces, plus disponibles et de meilleure humeur.

En hiver : hiberner

C’est le moment ! L’hibernation concerne aussi les êtres humains. Il ne s’agit pas comme l’ours de rentrer dans notre tanière mais d’une part de ralentir en faisant tous les ajustements nécessaires, et d’autre part de s’accorder plus de sommeil sans pour autant arrêter nos activités. La période d’hibernation commence à peu près début novembre et finit à peu près début février.
En nous autorisant à hiberner nous récupérons de la fatigue des derniers mois voire des dernières années et nous serons beaucoup plus efficaces et performants dans nos activités et projets à venir. Ou alors nous pouvons choisir de continuer coûte que coûte, et commencer la nouvelle année sur les rotules.

D’après mon expérience, hiberner et s’accorder du repos est un acte bien plus héroïque que celui d’agir sans jamais se reposer vraiment. Nous devons parfois faire face aux peurs que peuvent engendrer les décisions de remettre un projet professionnel ou personnel à plus tard. Nous devons développer notre ressenti pour identifier tous nos stratagèmes qui nous détournent de notre besoin de repos. Et une véritable disciple est nécessaire pour agir au moment où notre organisme nous envoie des signaux.

Passons un peu plus de temps à rêver nos projets à venir au coin du feu. En sortant de l’hibernation nous aurons toute l’énergie nécessaire pour les mettre en oeuvre.

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