La symptothermie est aussi fiable que la pilule, Pryska Ducoeurjoly - Prévention Santé
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La symptothermie est aussi fiable que la pilule, Pryska Ducoeurjoly

En 2016, bon nombre de femmes en âge de donner la vie ignorent qu’elles peuvent gérer leur con(tra)ception avec la symptothermie. Entretien avec Pryska Ducoeurjoly, Journaliste, présidente de l’association Ecologie du Cycle Féminin (cyclefeminin.org) »

Comment cette méthode écologique fonctionne­-t­-elle ?

Il s’agit d’observer quelques signes de fertilité et de prendre une dizaine de températures au réveil. On arrive alors à distinguer les trois phases du cycle : la période pré­ovulatoire fertile, la période post­ovulatoire infertile, puis la période des règles infertiles. Bien repérer ses signes de fertilité et d’infertilité n’est pas évident au début, une période d’apprentissage est nécessaire. La sympto, c’est comme le permis de conduire. Sans l’aide d’une monitrice, on peut mettre en danger sa sécurité contraceptive par ignorance de certaines règles du code de la symptothermie. Cette ignorance autour du cycle féminin est bien plus répandue qu’on ne le pense ! Peu de femmes par exemple savent que le début de la phase fertile se situe dès le jour 6 de leur cycle.

Pouvez­-vous nous raconter comment cette méthode de contraception naturelle est entrée dans votre vie ?

J’ai découvert la sympothermie bien tardivement, à 35 ans. C’était en 2012, à l’occasion d’une enquête journalistique pour le magazine belge Néo Santé. Je n’en avais jamais entendu parler dans les médias ni auprès du corps médical. En tant que journaliste d’investigation, habituée à discerner l’info de l’intox, j’ai tout de suite compris que c’était là face à une info de haute priorité. Ce fut comme une révélation, à la fois pour la professionnelle et pour la femme. Après avoir étudié les différentes écoles symptothermiques, j’ai décidé de rejoindre la fondation SymptoTherm, qui a développé une Symptothermie moderne avec un manuel en ligne accessible gratuitement, une application mobile, et un suivi conseil online.

vue cyclo type avec montee tardive

Contrairement à la pilule qui assiste les femmes depuis des générations, la symptothermie semble être le moyen de se réapproprier enfin sa féminité. Pouvez-­vous nous expliquer les valeurs et enjeux de cette approche?

La symptothermie est bien plus qu’une contraception ou conception naturelle. Il est question d’éducation, de responsabilisation et d’émancipation. Pendant la phase d’apprentissage, la femme va se familiariser avec ses observations. Ensuite, elle va accéder à une véritable autonomie dans la gestion de sa fertilité. Cela va aussi lui permettre de se connecter à sa féminité profonde, en développant une compréhension de ses émotions en fonction des phases du cycle. C’est une porte ouverte sur l’empuissancement (empowerment) de la femme et sur le féminin sacré dont le monde a un grand besoin.

Alors que la contraception incombe souvent aux femmes, cette méthode accorde désormais une place fondamentale au partenaire de vie. Pouvez-­vous nous expliquer cet aspect fondamental et relativement nouveau ?

Pour la première fois dans l’histoire de la contraception, l’homme et la femme sont partenaires. La responsabilité est partagée. Cela enrichit la complicité et l’intimité du couple. Pendant la phase fertile, l’homme est invité à se protéger et/ou à faire preuve de créativité en épousant le rythme biologique de sa partenaire. À travers le dialogue autour des différentes phases du cycle de la femme, l’homme est amené à comprendre que la libido d’une femme varie en fonction des phases du cycle. Il peut développer plusieurs manières de faire l’amour, pour le plus grand plaisir de sa partenaire.

Quels sont les différents outils à disposition des femmes (et des hommes) pour apprendre, s’approprier et comprendre les usages de la symptothermie au fil des cycles ?

Autrefois, on pratiquait la symptothermie sur une feuille de papier. Aujourd’hui, grâce au numérique, on peut entrer ses données d’observation sur son téléphone portable ou sur son ordinateur. Par exemple, l’application sympto développée par la fondation Symptotherm, va permettre d’interpréter le cycle avec une grande fiabilité, pour autant que la femme ait appris à s’observer correctement. Avec l’aide d’une monitrice, il faut compter généralement entre trois et six mois pour parvenir à son autonomie. Pour certaines femmes qui sortent de plusieurs années de contraceptifs hormonaux, cela peut être plus long si le cycle peine à se remettre en route. Un suivi naturopathique peut alors s’avérer très utile en complément du travail de la conseillère.

Beaucoup de femmes rétorquent que cette méthode est peu fiable, ou bien contraignante à mettre en pratique. Qu’auriez-vous à leur répondre ?

La symptothermie est aussi fiable que la pilule. Les études scientifiques le prouvent ! Malheureusement, la majorité du corps médical perpétue la croyance de la non fiabilité, la méthode est jugée « trop compliquée » pour les femmes. C’est de l’obscurantisme ! La grande différence avec la pilule ou le stérilet, c’est que la symptothermie nécessite un apprentissage et donc une implication de l’utilisatrice et de son compagnon. A toutes les femmes qui doutent encore, je leur conseille de rejoindre les femmes du groupe Facebook Symptothermie, elles sont aujourd’hui plus de 2000 à faire confiance à leurs observations et à la méthode. Beaucoup témoignent de la pression qu’elles subissent de la part du corps médical dès lors qu’elles évoquent la symptothermie. Cette communauté Facebook d’utilisatrices très soudées, est alors précieuse pour encourager les débutantes à faire le grand saut vers la gestion écologique de leur fertilité.

Envie d’aller plus loin :

Le manuel La Symptothermie complète est disponible sur www.sympto.org

 

Auteur de l’article : Alexandra Charton

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