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Cancer du sein, et si on en parlait ?

Le cancer du sein reste en 2016 un des cancers les plus courants, et le plus tabou aussi. Ce que je souhaite mettre en lumière aujourd’hui, ce sont toutes ces femmes qui, à travers leur combat face à la maladie, ont pu sortir plus fortes, et remplies de créativité. Le Dr Gérard Délépine a également souhaité s’exprimer sur son approche scientifique concernant le dépistage du cancer du sein.

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Le rire, meilleur remède contre la maladie

Cette pièce/spectacle nommée Maligne, raconte le combat de Noémie Caillaut, contre un cancer du sein, diagnostiqué à l’âge de 27 ans. Plutôt que de s’assombrir, s’enfermer, Noémie a préféré en faire un one woman show. Rire, le meilleur remède contre la maladie.

Témoignage de Brigitte Guirao

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Les tétons flingueurs

tetons-flingeursUn cancer du sein, ce n’est jamais une bonne nouvelle. Mais pour Sonia Bellouti, une fois passé le choc du diagnostic, c’est la vie qui a repris le dessus. Et pour cause ! Nouveau boulot, nouveau mec, sans compter son grand fils qui allait passer son bac, elle avait trop à perdre pour laisser le crabe lui dicter sa loi.

Bien décidée à ne pas simplement subir la maladie et les traitements qu’elle ne pourra pas éviter (opérations, chimio, rayons), elle entame alors plusieurs thérapies alternatives (naturopathie, homéopathie, médecine chinoise…) qui, associées à un retour aux principes naturels de bien-être, ont certainement contribué à la rémission de son cancer.

Ce livre, Sonia l’a voulu plus complet qu’un simple témoignage. Avec son écriture imagée et directe, tutoyant le lecteur comme pour une discussion amicale, elle aborde les étapes de son traitement, ainsi qu’une multitude de conseils pour mieux se soigner, mieux manger, mieux vivre, mais sans jamais tomber dans le pathos. Bien au contraire, sa plume résolument
optimiste nous communique sa détermination, sa combattivité et sa joie de vivre.

Découvrez l’article de Sonia Bellouti pour Femininbio

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Point de vue du Dr Gérard Delépine sur le dépistage

Commentaires sur le communiqué de presse de l’INCA sur la survie des malades atteints de cancer Février 2016.

Dr Gérard Delépine chirurgien orthopédiste, cancérologue,  statisticien.

Le communiqué de presse de l’INCA claironne une vue très optimiste de l’évolution des résultats des traitements des cancers en France et tout particulièrement des deux plus fréquents ; celui de la prostate et celui du sein. Il attribue en partie l’amélioration de survie observée  au dépistage en laissant croire que celui-ci améliore le sort des malades alors qu’en fait le dépistage de ces deux cancers ne constitue qu’un « traitement statistique de la survie » sans l’améliorer réellement. En effet la comparaison des taux de survie nette de deux séries temporelles est pertinente lorsque  les critères de diagnostic ne changent pas. Or, pour les deux cancers vedettes du communiqué la nature même des cancers  pris en compte a été totalement transformée par le dépistage ; Le communiqué de l’INCA compare les taux de survie de deux groupes de « cancers » très différents.

On sait depuis les années 1950, qu’à côté des cancers maladies que tout le monde craint, existent de très nombreux cancers dormants, qui n’évolueront jamais du vivant de la personne avec un taux de survie à 10 ans de 100%   Pour la prostate les autopsies systématiques d’hommes sains  décédées accidentellement[1]  et l’examen histologique soigneux de prostates enlevées pour  des lésions bénignes[2] ont permis d’estimer la fréquence de ces cancers dormants à 30 à 40% chez les hommes de plus de 40 ans. Pour le sein on dispose d’études équivalentes .permettant d’estimer l’incidence des cancers dormants de 15 à 40%.chez les femmes de plus de 40 ans.  Le dépistage fait apparaître et comptabilise ces cancers dormants  comme des cancers maladies, ce qu’ils ne sont pas

La survie des cancers de 1989-1993, calculée sur des cancers maladies, n’est donc pas comparable à celle des cancers de 2005-2010 comportant une grande proportion de  sur diagnostic [3][4]. Le biais induit par le dépistage est considérable. On est passé de 20 000 cancers de la prostate au début des années 1990 à 64 457 en 2005,[5]soit une augmentation de220%. L’incidence des cancers du sein est passée de 75.3 pour 100000 en 1990 à 97.5 pour 10000 en 2005[6] soit une augmentation de 30%. Ces véritables épidémies brutales n’existent pas dans les pays ou le dépistage n’est pas pratiqué.

Un calcul simple montre l’ampleur considérable de la diminution mathématique  de la mortalité apparente par l’ajout « des cancers du dépistage »  aux  « cancers maladies ». Pour le sein l’accroissement de 30% des cancers pris en compte par l’ajout des « cancers du dépistage » aux cancers maladies dilue d’autant la mortalité apparente et fait passer la survie apparente nette de 81 % en 1990 à 85 % en 2005 2010 même en l’absence de tout progrès réel. Le calcul suggère donc que plus de la moitié du progrès claironné n’est qu’un mirage comptable. Les 2% de gain réel de survie (de 85% à 87%) résultent principalement des progrès de l’imagerie et des techniques de traitements locaux et de leur meilleure association aux traitements généraux  (hormonothérapie et chimiothérapie)  mis au point avant 1990. Depuis les traitements généraux n’ont guère progressé malgré ce que veut nous faire croire la propagande des thérapies ciblées, axe prioritaire des plans cancers. L’exemple de l’avastin drogue miraculeuse en 2008 mais reconnue  peu efficace et trop dangereuse en 2011 par la FDA t la HAS est très démonstratif. L’échec des nouveaux traitements est là d’ailleurs illustrée  par la triste constatation qu’en  2016 on ne guérit pas plus de cancers métastatiques du sein qu’en 1990 Pour la prostate, partant d’une mortalité nette de 28% en  1990 : la multiplication par 3.2 des cancers pris en compte par l’ajout des « cancers du dépistage » la dilue d’autant et  aboutit à une mortalité apparente de 9 % (à mortalité réelle constante !)  Là non plus  aucune des nouvelles drogues n’a permis d’augmenter le pourcentage de guérison. En 2016 on ne guérit pas plus de cancers métastatiques de la prostate qu’en 1990.

Ces calculs confirment les données les plus récentes de la littérature scientifique concernant le dépistage[7][8].[9] des  cancers de la prostate[10][11] et du sein. Le dépistage des cancers de la prostate est nuisible aux hommes qui s’y soumettent du fait des sur traitements qu’il engendre[12]  . Pour le dépistage organisé du cancer du sein[13] la seule étude randomisée prospective à long recul  qui a été publiée[14] ne montre aucun avantage au dépistage sur la  mortalité spécifique et une mortalité globale légèrement plus élevée des femmes qui se sont faites dépister, due peut être aux effets délétères des sur traitements. Les publications les plus récentes ne trouvent toujours aucun bénéfice réel du dépistage sur la survie[15] [16][17]et en discute de plus en plus le bien fondé[18]

Pour ces deux cancers, seuls quelques minimes progrès réels ont été obtenus, essentiellement par une meilleure coordination des traitements mis au point dans les années 1980-1990. Depuis, malgré les milliards d’euros dépensés pour les plans cancers et la bureaucratie totalitaire mise en place pour robotiser les médecins, les progrès stagnent. C’est ce que ce communiqué très optimiste tente de masquer.

[1] FRANCKS L.M. Latent carcinoma of the prostate. J  Path .Bact., 1954, 68, 603-616

[2] TAMEY T.A.Development of prostatic carcinoma. Morphometric and pathologic features of early stages. Acta Oncol., 1991,30, 145-151.

[3] Bernard Junod  Surdiagnostic et surtraitement du  cancer du sein par radiothérapie Groupe Princeps, Faculté de Médecine de Bobigny Université de Paris XIII, 27-28 Avril 2012

[4] B Montserrat Martinez-Alonso reast cancer incidence and overdiagnosis in Catalonia (Spain) Breast Cancer Research 2010, 12:R58  doi:10.1186/bcr2620

[5] Dépistage et diagnostic du cancer de la prostate et son traitement en France, selon le Sniiram (2009-2011) Philippe Tuppin

[6] ©Les cancers en France en 2013.Collection état des lieux et des connaissances, ouvrage collectif édité par l’INCa, Boulogne-Billancourt janvier 2014

[7] Vinay Prasad Why cancer screening has never been shown to “save lives”—and what we can do about it BMJ 2016;352:h6080 doi: 10.1136/bmj.h6080 (Published 6 January 2016)

[8] M. Kalager Overdiagnosis of Invasive Breast Cancer Due to Mammography Screening: Results From the Norwegian Screening Program.f Annals of Internal Medicine (volume 156, pages 491-499).

[9] Karsten Juhl Jørgensen  Breast cancer mortality in organised mammography screening in Denmark: comparative study  BMJ 2010;340:c1241

[10] Andriole et al. Mortality results from a randomized prostate-cancer screening trial. N Engl J Med 2009;360(13):1310-9.

[11] Schröder FH,  et al. Screening and prostate cancer mortality in a randomized European study. N Engl J Med 2009;360(13):1320-8.

[12] Ablin R J The Great Prostate Mistake  The New York Times  March 9, 2010

[13] P. Autier Mammography Screening and Breast Cancer Mortality  J Natl Cancer Inst 2012;104:1080–1093

[14] Anthony B Miller Twenty five year follow-up for breast cancer incidence and mortality of the Canadian National Breast Screening Study: randomised screening trial BMJ 2014;348:g366

[15] P. Autier Mammography Screening and Breast Cancer Mortality in Sweden J Natl Cancer Inst 2012;104:1080–1093

[16] Archie Bleyer Effect of Three Decades of Screening Mammography on Breast-Cancer Incidence n engl j med 367;21 nejm.org 1998 november 22, 2012

[17] Vinay Prasad Why cancer screening has never been shown to “save lives” BMJ 2016;352

[18] Nikola Biller-Andorno Abolishing Mammography Screening Programs? A View from the Swiss Medical Board n engl j med 370;21 may 22, 2014

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1 Commentaire

  1. ANNETTE LEXA

    NOEMIE CAILLAULT appose son nom sur des bouteilles de vin « Cuvée Life is
    Rose – Edition limitée 2016 – Noémie Caillault » produit par Lionel Osmin et Cie (http://www.lifeisrose.fr/actualites/2016/06/cuvee-life-is-rose-edition-limitee-2016-noemie-caillault)
    L’association Life is Rose est une association créée pour lutter contre la PRÉCARITÉ SOCIALE générée par le CANCER . Or le lien entre précarité, cancer et alcool est largement connu et démontré .

    Il nous est apparue, à nous CANCER ROSE (https://cancer-rose.fr/) éthiquement choquant de promouvoir la consommation d’alcool – en la faisant emballer qui plus est par une agence de
    communication d’une touche de glamour rose, couleur censément féminine – dans le but même de venir en aide aux personnes précaires atteintes de cancer et particulièrement aux femmes précaires atteintes de cancer du sein.
    Cette publicité va à l’encontre des messages de prévention de nombreux organismes et associations de lutte contre l’alcoolisme, les addictions, le cancer. La consommation de boissons alcoolisées est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers dont le cancer du sein. C’est notamment
    une grande cause de mort prématurée, qui touche fortement la population des 45-64 ans, femmes ciblée qui plus est par le dépistage du cancer du sein. L’augmentation de risque de cancers du sein est significative dès une consommation moyenne d’un verre par jour. Cette augmentation du risque, par verre d’alcool consommé par jour, est estimée à 10% pour les cancers du sein.
    Une étude récente a démontré que les femmes ayant bu entre 70 et 140 g d’alcool par semaine (l’équivalent d’un à deux verres) affichent 5 % de risque en plus de développer un cancer ainsi qu’une augmentation de 13 % du cancer du sein, par rapport à celles qui ont consommé moins de 20 g d’alcool par semaine. L’alcool est reconnu comme responsable de 5,8 % des cas annuels de décès suite à un cancer.

    Il apparait que ces contradictions n’ont l’air de ne gêner personne.

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