Grâce à vous : +5.000.000 vues +3.500.000 auditeurs +500 interviews

Le paradoxe des émotions

Nous lisons partout qu’il faut « gérer ses émotions », « maitriser ses émotions », « réguler ses émotions »… Ces injonctions régulières sonnent un peu comme si un énorme monstre se logeait en nous et qu’il fallait le dompter avant qu’il ne nous « bouffe ».

paradoxe_emotionsDès l’enfance, nous remarquons qu’en vivant certaines situations, notre cœur est extrêmement serré, nos larmes coulent, nous avons des envies de tout casser ou encore que nous affichons un immense sourire qui ne veut plus partir… Ces manifestations nous submergent parfois, nous interrogent souvent.

Nous observons ceux qui nous éduquent et nous entourent. Nous prenons (ou pas) exemple. Nous avançons dans la vie et nous apprenons à nous connaitre un tout petit peu mieux. L’âge aidant, nous nous apaisons légèrement voire complètement. Parfois nous consultons un professionnel pour nous aider à gérer, maitriser, réguler nos émotions parce que nous n’avons pas trouvé le mode d’emploi pour que ça ne déborde plus. Pour que notre sinusoïdale émotionnelle réduise son amplitude… Pour que nous nous coulions dans une forme de « normalité » émotionnelle, une modération à toute épreuve.

Et puis un jour, un changement, un évènement, une rencontre amoureuse, une magnifique nouvelle, une victoire personnelle nous envahit d’émotions ! Notre cœur s’emballe et chaque petite cellule de notre corps vibre ! C’est comme un torrent de sensations… Nos sens semblent avoir doublé ou triplé leur capacité ! Et dans ces cas-là, nous nous étonnons de ressentir ce que nous ressentons.

Je dois vous dire que cet article m’a été inspiré par la situation d’une amie à moi. Il y a des années, elle avait rencontré un homme durant ses vacances. Cette escapade charnelle, sans promesse et sans lendemain lui avait redonné accès à ce qui était en sommeil chez elle depuis quelques temps… Je me souviens qu’elle m’avait dit en rentrant « Je me sens vivante ! Je ressens des choses que je n’avais plus ressenties depuis des siècles. Mon corps s’est remis en route ! ».

En repensant à ce qu’elle m’avait dit, j’ai identifié une sorte de paradoxe. D’un côté, gérer, réguler pour se fondre dans la masse (nous avec…) et de l’autre se sentir vivant suite à une déferlante non-maitrisée… Alors quoi ?

Bien que les émotions soient la preuve de notre sensibilité, de notre humanité, l’être humain moderne est face à un paradoxe émotionnel.
La seule voie, selon moi pour s’en sortir est d’accueillir. D’accueillir encore et encore nos émotions, toutes nos émotions. Même les cachées lorsque par exemple nous pleurons alors que nous sommes en colère. Accueillir nous évite les trop nombreuses adaptations nocives que nous mettons en place (les angoisses, les addictions,…).

Accueillir c’est être à l’écoute. C’est re-connaitre qu’il se passe quelque chose et donc : accéder à soi. S’ouvrir à soi et ce à chacun instant. Pas d’anesthésie émotionnelle ni de tsunami émotionnel… Un accueil fidèle de nos émotions permet de nous sentir vivant, de façon quotidienne et non exceptionnelle. A chacun ensuite, d’évaluer la force de ses émotions pour en profiter pleinement ou pour mieux les entendre ou  pour les partager ou pour mieux prendre soin de soi…

S'abonner gratuitement à notre lettre

Vous aimez notre média ? Avançons ensemble...

Prévention Santé est une plateforme Web non professionelle, gratuite d’informations, de témoignages, de débats et d’échanges sur le mieux-être.
Ce travail d'investigation indépendant que nous pratiquons nécessite beaucoup de temps, d'argent et de travail pour sa production. Mais nous le réalisons parce que nous croyons qu’il est important de questionner, débattre et transmettre des informations.
Nous avons donc une faveur à demander...
Soutenez-nous financièrement et nous pourrons continuer notre travail de partages auprès de vous encore très longtemps.

Faire une contribution

4 Commentaires

  1. MEUNIER Dominique

    Bonjour Agathe,

    Merci pour cette question !

    En effet, le SDN ne prend pas en compte l’accueil des émotions. Alors que faire de ces émotions qui sont là, nous assaillent le mental, le corps ?

    Votre question pointe ce qui m’a fait résolument choisir une double formation de sophrologue et sophrothérapeute.

    J’estime qu’il est essentiel d’accueillir nos émotions, que nous fassions de la sophrologie ou non d’ailleurs. Dans ma pratique professionnelle en tant que sophrologue/sophrothérapeute, je laisse une place à l’entretien psycho thérapeutique et une place à la pratique de la sophrologie. Ces deux espaces, ces deux temps, ces deux pratiques sont complémentaires (dire, mettre des maux puis sentir et s’alléger). Et corrélées elles sont très puissante. Pour moi mettre à distance ses émotions, c’est prendre le risque d’un effet boomerang à plus ou moins court terme… que ce soit sur un plan psychologique ou corporel. Accueillir, sentir, laisser s’exprimer l’émotion, est un passage incontournable pour que le SDN (et autres exercices de sophrologie) puissent agir en profondeur.*
    J’en suis totalement convaincue !

    Belle journée à vous
    Dominique Meunier

    Réponse
    • Agathe

      Merci Dominique
      En d’autre termes, il s’agit donc d’accueillir ses émotions, de reconnaître les circonstances qui les ont déclenchées, peut être d’identifier où elles se logent et ensuite de les libérer par un SDN. C’est bien ça ?

  2. Agathe Lebailly

    Bonjour
    Je réagis à votre article car il m’interpelle sur cette notion d’accueil des émotions. Trop souvent soit nous explosons soit nous les refoulons pour satisfaire ce besoin d’intégration sociale. Et du coup je me pose une question vis à vis du SDN en sophrologie. Celui-ci vise à expulser les sensations et tensions négatives incluant l’émotionnel. Chaque fois que je le pratique, en cours ou sur un enregistrement, il n’est pas demandé d’accueillir au préalable ses sensations. J’ai donc l’impression de les mettre sous le tapis en soufflant ces inconforts à l’extérieur. Je cherche une façon de réconcilier les deux.
    Qu’en pensez-vous ?
    Agathe

    Réponse
    • Deborah Donnier

      Bonjour Agathe, question très intéressante ! Notre sophrologue va vous répondre.

Prolonger le débat, commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.