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Levothyrox « Circulez, il n’y a rien a voir ! »

Quel bilan tirer de « l’affaire du Levothyrox » presque deux ans après le passage à la Nouvelle Formule ? Pour les autorités sanitaires et le Laboratoire producteur Merck, il est simple : le passage à la nouvelle formule « n’a pas entrainé de problème de santé graves. » Pour les patients victimes d’effets secondaires dramatiques et multiples, toute la lumière reste à faire sur ce scandale qu’ils ne veulent pas voir enterrer.

« l’Affaire du Levothyrox » n’est pas une petite affaire, parce le Levothyrox est le  numéro 1 des médicaments vendus en France sur Prescription médicale obligatoire  et donc remboursés par les régimes d’assurance maladie.2,3 millions de personnes le prennent ou plutôt le prenaient au moment du « changement de formule » fin mars 2017.

Plutôt que de changement de formule, il serait d’ailleurs plus approprié de parler de « générique appliqué par le détenteur du Référent ou Princeps. » à savoir le laboratoire Merck.

Regardez bien la  courbe ci-dessous. Elle représente le nombre de signalements d’effets secondaires provoqués par le Levothyrox.

Elle est tirée d’un rapport officiel de l’Agence du médicament.

 

Des effets secondaires multipliés par 22

Cette courbe montre une multiplication par 22 du nombre de signalements d’effets secondaires après le passage à la nouvelle formule.Une « situation inédite » reconnaissaient les autorités sanitaires en juillet 2017. Du jamais vu.

« une fréquence de signalement totalement inattendue. » En tout 14 000 déclarations faites aux centres de pharmacovigilance.

Dans les 6 années précédant le passage à la Nouvelle Formule, le nombre cumulé des effets secondaires étaient de 10 000 ; Alors qu’en 6 mois, après l’introduction de la Nouvelle Formule , fin mars 2017, il était de plus de 15 000 soit une multiplication par 22 . On passe d’une moyenne de 139 effets indésirables par mois à 3000.

« L’analyse des données ne permet pas d’identifier d’éventuels patients à risque et ne permet pas de proposer d’hypothèse à la survenue de ces effets. » explique les centres de pharmacovigilance.

« Ces effets se manifestent rapidement après le passage à la nouvelle formule », remarquent les experts gouvernementaux.

Autre remarque de la pharmacovigilance : « Dans les signalements où les patients reviennent à LEVOTHYROX® Ancienne Formule  ou « switchent » vers une alternative, les symptômes régressent en général dans un délai très court. »

« La présence de signes cliniques chez les patients à TSH (hormone thyroïdienne) dans les normes attendues pose l’hypothèse d’effets indésirables expliqués par d’autres facteurs qu’une dysthyroïdie et mérite plus d’investigations. »

Quels sont ces autres facteurs explicatifs ?

L’actrice Anny Duperey est représentative de ces patients tombés malades avec le passage à la nouvelle formule.

 

Les autorités sanitaires dans le déni et les contradictions.

Et pourtant, presque deux ans après cet épisode « inédit », l’Agence du médicament  publie dans une autre étude officielle en décembre 2018

Son objectif était d’évaluer l’impact du passage à la nouvelle formule du Levothyrox sur la santé des personnes traitées par lévothyroxine :

Quelle est la conclusion tirée ?

« Pas d’augmentation de problèmes de santé graves en lien avec la prise du Levothyrox NF (nouvelle formule) »

 L’étude reconnaît toute fois que le passage à la nouvelle formule a entrainé une hausse de 12 % des consultations chez le médecin.

Mais cette augmentation n’a rien à voir avec la qualité du produit lui-même estiment les autorités.

 

Bizarrement l’Agence a choisi de faire une étude « épidémiologique » en comparant un million de personnes traitées avec la nouvelle Formule avec un autre million l’année d’avant.

Une méthodologie contestable

Les groupes ont été savamment construits avec des critères d’inclusion non communiqués.

Etant donné qu’on estime à 2,3 millions le nombre de personnes traitées en France, il aurait été beaucoup plus efficace de constater l’état de santé de ces personnes directement en regardant le nombre de consultations médicales et la consommation médicamenteuse avant et après le changement de formule.

L’association des malades de la Thyroïde se déclare déçue par cette nouvelle étude en forme de déni.

Elle entend continuer à rechercher une possible contamination de certains lots. Des analyses sont actuellement en cours en laboratoire.

 

Le docteur Catherine Noël n’accepte pas ce déni de réalité :

 

Depuis le changement de formule, le nombre de boîtes vendues a chuté d’un tiers. A l’heure qu’il est des patients continuent de se fournir à l’étranger. Le docteur et ancien député Gérard Bapt ne s’explique pas ces contradictions des autorités sanitaires.

 

D’autres pistes comme celle de la légalité du brevet de la Nouvelle Formule du Levothyrox sont également explorées. L’avocate niçoise Maître Colin-Chauley conteste le fait que la nouvelle formule comporte suffisamment de nouveautés et d’inventivité. Elle a donc demandé en justice l’annulation du brevet industriel.

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6 Commentaires

  1. RUBIRA

    Avec ce seul contrôle TSH, difficile de retrouver une stabilité….
    J’ai du imposer un contrôle TSH, T3 et T4 à mon Médecin pour découvrir, que même après prise Euthyrox, le 2 octobre 2017, les T3 et T4, variaient, …puis la TSH a varié aussi selon les contrôles toutes les 8 semaines
    Mi-février 2018, il a fallu baisser le dosage 1/2 comprimé de 175µg….

    A retenir : 20 ans sans aucun changement de dosage avec Levothyrox AF 100µg !!!

    Réponse
  2. CHAPYS

    Le pouvoir est aux mains des lobbyistes et du ministère de la santé. Ne pas écouter les utilisateurs est une façon de se dédouaner des problèmes qui se posent. Pas de réponses d’où pas de problèmes. On nous l’a bien dit les effets sont imaginaires. C’est dans la tête donc chutes de cheveux.

    Réponse
  3. Sarah

    Bonsoir,
    Je ne comprends décidément pas cette polémique, ce scandale autour du Levothyrox.
    Je suis pharmacienne d’officine, et je me souviens très bien avoir reçu des communiqués du labo en amont, expliquant qu’il faudra informer les patients du changement et leur conseiller de faire un dosage de TSH 6 à 8 semaines après le changement, la biodisponible pouvant être différente.
    Les «normes» de la TSH vont de 0,4 à 4 soit un facteur 10, c’est énorme pour un paramètre hormonal ! Alors lire qu’un patient dont la TSH reste dans les normes induit le fait qu’il y ait d’autres facteurs qu’une dysthyroïdie, du haut de mes petites études de docteur en pharmacie, je ne le comprends pas. La plupart des symptômes annoncés correspondent à un déséquilibre thyroïdien (fatigue, troubles digestifs, perte de cheveux…). J’ai interrogé plusieurs patients, et ceux qui ont eu des effets indésirables ont eu une variation importante de leur TSH, tout en restant dans la «norme»… Passer de 1 à 2, c’est doubler sa TSH, tout en étant dans les normes. Mais j’imagine que doubler sa TSH, ça induit des effets secondaires, non ?
    Merci de m’avoir lue, et pour vos réponses éventuelles.

    Réponse
    • Libel

      Je revois la pharmacienne me dire ils ont juste changé l’emballage ………………

    • Sarah freyheit

      Ce n’est pas la première fois que j’entends ça… Quel gâchis !!!

    • Gérard Bapt

      Bonjour et félicitations, vous avez été un des rares professionnels de santé qui avaient lu ces messages ! Il faut lire aussi le rapport du Crpv de Rennes concernant les normes adoptées pour la TSH, et la demande de commission scientifique indépendante pour travailler sur les « inconnues scientifiques », toujours refusée par l Ansm… De même qu il n y a pas eu de mission de l Igas… Curieux !?

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