Grâce à vous : +5.000.000 vues +3.500.000 auditeurs +500 interviews

La méthode Kousmine, une vie de recherches

Dès les années soixante, la doctoresse Catherine Kousmine précise le rôle de l’intestin dans la survenue des maladies dégénératives et l’importance des acides gras polyinsaturés pour les prévenir. Ce qui constituera les bases de la « méthode Kousmine », déclinée par la suite en six piliers.

Emission radio Prévention Santé

avec Monique Begat de l’association Kousmine Française.

Portrait

catherine_kousmineCatherine Kousmine est née en Russie le 17 septembre 1904. Son père, petit industriel, ne supporte pas les rigueurs de l’hiver russe et, dès 1908, passe l’hiver en Suisse, à Lausanne, où un appartement a été loué pour dix ans. Sage précaution. En 1916, après confiscation de leurs biens par les Bolchéviques, la famille Kousmine quitte définitivement la Russie. Pour la jeune Catherine, une vie de travail commence. Il lui faut s’adapter à un autre système scolaire. Elle découvre le latin et met trois semaines à déchiffrer la première page de La guerre des Gaules de Jules César. La deuxième page est traduite en trois jours ! Elle comble son retard en trois mois et se retrouve première de la classe. Puis, malgré des difficultés financières, elle décide de devenir médecin. Ce sera l’époque des « petits boulots » (les poupées de laine, les cours d’allemand…).

En 1928, elle obtient son diplôme de docteur en médecine avec la distinction de « lauréate de la faculté de médecine de Lausanne ». Elle se spécialise alors en pédiatrie auprès du Pr Fanconi (au Kinderspital de Zurich). Mais à travail égal elle gagne moins qu’un homme et, faute de moyens, envisage d’arrêter ses études lorsque, en l’espace de trois semaines, elle rectifie le diagnostic de son chef de clinique et sauve un enfant de 7 ans avec une trachéotomie faite en urgence ! « C’est l’acte le plus courageux de ma carrière », dira-t-elle plus tard avec satisfaction. On lui alloue alors un salaire d’homme et elle peut terminer sa spécialité. Installée à Lausanne, c’est encore le temps des vaches maigres. En Suisse, les honoraires des consultations d’enfants sont inférieurs à ceux des adultes ! C’est à cette époque qu’elle perd en clientèle deux jeunes enfants (un garçon et une fille) atteints de cancer. Ces deux décès vont orienter sa vie.

Notre corps est un temple, n’y faites pas entrer n’importe quoi.

Les années de recherche

Elle lit tout ce qui a été écrit sur le sujet et décide alors de faire ses propres recherches. Avec un chimiste et un pharmacien, elle installe un laboratoire dans une cuisine inoccupée de son appartement où elle élèvera des souris provenant de l’Institut Curie (Paris), des femelles de race pure porteuses spontanément d’un cancer mammaire dans la proportion de 90 % dès l’âge de quatre mois. En 20 ans, elle élèvera 17 000 souris. A l’Institut Curie, les souris sont nourries à partir d’aliments en comprimés. Par souci d’économie, ses souris reçoivent un jour des comprimés et le lendemain des restes de ses repas. Le taux de cancer chez ses souris chute ainsi de 50 % ! Intriguée, elle réalise qu’il y a sans doute une relation entre l’alimentation et le cancer. Pendant des années, elle va donc tester tous les aliments de nos repas. Sans le savoir, elle entre dans le domaine de ce que l’on appelle aujourd’hui la médecine orthomoléculaire (médecine qui traite avec les molécules présentes dans le corps).

Puis elle entreprend de mettre en culture le tissu cancéreux à la recherche d’un agent infectieux spécifique. Mais elle ne retrouve que les germes habituellement présents dans l’intestin. Pour elle, il est impossible que la nature programme sans raison une telle maladie. Cela est contraire à l’instinct de survie. Elle pense que le cancer a une raison d’être. Pour le vérifier, elle prend deux lots de souris : un lot A de souris saines et un lot B de souris porteuses de cancer mammaire. Elle injecte à chacune des souris une dose (déterminée en fonction du poids) d’une toxine provoquant la mort par hémorragie pulmonaire foudroyante. Alors que toutes les souris saines décèdent, nombre de souris cancéreuses survivent. Elle en déduit que la résistance de ces animaux est liée à la présence de la tumeur. Puis elle met en culture différents tissus prélevés sur ses souris (foie, rein, cœur, poumon, muscle… tissu cancéreux) avec la même toxine et découvre que seuls le foie et le tissu cancéreux ont le pouvoir de neutraliser la toxine. Son hypothèse se vérifie. Elle décide alors de vacciner les souris avec la toxine trois semaines avant de refaire le test et constate que le pouvoir neutralisant du foie reste inchangé tandis que celui du tissu cancéreux augmente. Il s’agit donc de deux mécanismes de détoxication différents ! Elle en déduit qu’il faut « supprimer le besoin du cancer avant de supprimer la tumeur elle-même » !

Dans les années 40, le taux des cancéreux augmentant tellement, je me suis dit qu’il serait peut-être utile de chercher des explications différentes de celles de la Faculté.

Le premier résultat

En 1949, des amis lui présentent un homme atteint d’un cancer du nez (réticulosarcome) qui a métastasé à la clavicule. Son espérance de vie est de deux ans. Le Dr Kousmine lui demande de supprimer les charcuteries et autres graisses saturées dont il est friand, de neutraliser l’acidité de ses urines avec des citrates, de s’assurer d’aller à la selle quotidiennement et de prendre des compléments vitaminiques (par la bouche et en injections intraveineuses). Il récupère en quatre mois ! Mais périodiquement, il abandonne toute surveillance alimentaire et rechute. Cela durera neuf ans ! En 1958, après une énième poussée, l’ORL qui le suit le met en demeure de choisir entre la vie et la gourmandise. Le malade se discipline et, en 1985, témoigne dans le film relatant la vie du Dr Kousmine ! Ce premier cas a été plein d’enseignements. Par son indiscipline et ses retours à la sagesse, ce malade nous a rendu un grand service en apportant la preuve qu’on attendait. Mais reste alors à comprendre pourquoi le corps « fabrique » un cancer.

Les cultures de tissus cancéreux n’ont montré que des germes habituels de l’intestin. Tout naturellement, elle en déduit que la surcharge du foie découle certainement d’une fragilité de la muqueuse intestinale. En pionnière, Catherine Kousmine évoque ce que l’on appelle aujourd’hui l’hyperperméabilité intestinale (ou Leaky Gut Syndrom).

J’aimerais que chacun comprenne qu’il ne peut compter que sur lui-même, qu’il est responsable de sa personne, que le corps dont il dispose doit être géré comme n’importe quel autre bien.

La méthode Kousmine

Dans sa stratégie thérapeutique, le Dr Kousmine prenait en compte cinq facteurs et un sixième accessoirement. Cette stratégie fut nommée « méthode Kousmine » par ses élèves et les facteurs, « piliers » :

1er pilier : une alimentation saine avec des produits (biologiques) non transformés, frais et de saison. Particulièrement les huiles, pressées à froid, riches en acides gras insaturés, et les céréales complètes. Enfin, un équilibre des repas avec un « petit déjeuner de roi », un « déjeuner de prince » et un « dîner de pauvre ».

2e pilier : un apport complémentaire de vitamines et nutriments pour soutenir le système immunitaire.

3e pilier : l’hygiène intestinale. Pour le Dr Kousmine, « l’intestin est le moteur des maladies ». Une évacuation quotidienne des déchets de la digestion et un bon équilibre de la flore intestinale est indispensable, si besoin au moyen d’un lavement.

4e pilier : la lutte contre l’acidification anormale de l’organisme. Les aliments raffinés, les produits animaux, le stress… favorisent une acidification de l’organisme entraînant fatigue, douleurs, décalcification. Des alcalinisants (mélanges de citrates notamment) aident à rétablir un bon métabolisme.

5e pilier : une cure de vaccins (ou d’immunomodulation). Reposant sur le principe d’une désensibilisation, cette cure n’est plus pratiquée telle quelle aujourd’hui. On lui substitue une méthode proche de l’homéopathie.

6e pilier : une aide psychologique. Lydia Müller, psychologue et amie du Dr Kousmine, a soutenu et aidé la doctoresse lors des nombreuses attaques dont elle a fait les frais (elle était décriée car à contre-courant). Elle prit en charge, par la suite, le soutien psychologique des malades, qui devint alors le 6e pilier de la méthode.

Une grande dame

Catherine Kousmine s’est éteinte le 24 août de l’année 1992. Elle a apporté ses lettres de noblesse à la diététique. Une consécration pour cette femme visionnaire !

La fameuse crème Budwig

Pour permettre une consommation régulière d’huile de qualité, Catherine Kousmine remet au goût du jour le petit déjeuner très connu des Suisses : le muesli et y incorpore de l’huile de lin, riche en oméga-3. Elle l’appelle « crème Budwig » en hommage à Johanna Budwig, pharmacienne qui a travaillé sur les huiles de qualité et combattu les margarines. Ce petit déjeuner va faire le tour du monde et contribuer à la célébrité du Dr Kousmine.

 

Informations :
Association Kousmine France : www.kousmine.fr

S'abonner gratuitement à notre lettre

Vous aimez notre média ? Avançons ensemble...

Prévention Santé est une plateforme Web non professionelle, gratuite d’informations, de témoignages, de débats et d’échanges sur le mieux-être.
Ce travail d'investigation indépendant que nous pratiquons nécessite beaucoup de temps, d'argent et de travail pour sa production. Mais nous le réalisons parce que nous croyons qu’il est important de questionner, débattre et transmettre des informations.
Nous avons donc une faveur à demander...
Soutenez-nous financièrement et nous pourrons continuer notre travail de partages auprès de vous encore très longtemps.

Faire une contribution

2 Commentaires

  1. Déborah Donnier

    Bonjour Frerejean, merci pour votre message et ravie de votre fidelité. je vous laisse contacter l’association Kousmine http://www.kousmine.fr qui vous informera de tout cela. Bonne journée.

    Réponse
  2. Frerejean

    Je viens de découvrir la méthode Kousmine que je suis en grande partie sans le savoir. Merci beaucoup .
    En 2016 faites vous toujours des stages?
    Puis je avoir des informations à ce sujet?
    Merci.
    Catherine Frerejean

    Réponse

Rétroliens/Pings

  1. La méthode Kousmine, une vie de recherches…… | Que du bonheur - […] https://www.prevention-sante.eu/actus/methode-kousmine-vie-recherches/ […]

Prolonger le débat, commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.