Les erreurs alimentaires les plus courantes - Prévention Santé
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Les erreurs alimentaires les plus courantes

Elles partent d’une bonne intention et conduisent souvent à l’opposé du résultat imaginé. Ces habitudes que nous avons prises dans notre façon de nous alimenter et qui malmènent le fonctionnement naturel de l’organisme. Leur impact à long terme sur la santé mérite d’être beaucoup plus connu du public.

Le petit déjeuner hyper sucré

Il existe toute une logistique d’hormones et de neurotransmetteurs pour réguler les rythmes biologiques de notre corps. C’est la chronobiologie, notre métabolisme n’y fait pas exception. Les mitochondries de nos cellules, pour produire de l’énergie, brûlent essentiellement des graisses le matin et des sucres l’après-midi. Le petit-déjeuner typiquement français, extrêmement sucré (viennoiseries, pain blanc, brioche, confiture, céréales raffinées, boisson chaude sucrée) est une monumentale erreur de chronobiologie. L’organisme, pour gérer cette hausse de glycémie malvenue, va produire en quantité de l’insuline, une hormone qui ordonne aux cellules de faire entrer le sucre dans les cellules. Plus la charge glycémique est élevée, plus il s’ensuit une hypoglycémie qui nous pousse à consommer à nouveau du sucre, avec le risque de coups de pompe.

Le sucre en excès est ensuite transformé en graisses stockées dans le tissu adipeux, ce qui aggrave le surpoids chez les personnes prédisposées. Mais il y a pire. Les récepteurs à l’insuline de vos cellules risquent à la longue de devenir insensibles, entraînant une résistance à l’insuline, concrètement le début du diabète de type II. Le matin, nous avons besoin avant tout de graisses et, secondairement, de protéines. Vous pouvez tout à fait manger un œuf et du jambon, à condition d’avoir une activité suffisante car ce n’est pas l’alimentation d’un sédentaire. Sinon, un muesli non sucré, du pain complet beurré, un morceau de fromage ou un yaourt sont les bienvenus, à condition qu’il ne soit pas à 0% de matière grasse.

Le café au lait

Un mélange à fuir comme la peste. L’un et l’autre ayant des propriétés antagonistes, il ne doivent pas être consommés en même temps. La digestion du lait de vache entraîne la production de beaucoup d’enzymes, tandis que le café empêche ces mêmes enzymes de sortir du pancréas. Déjà, vous aurez l’estomac plus ou moins barbouillé. A la longue, votre café au lait va menacer le renouvellement cellulaire et l’intégrité de l’ADN. Les consommateurs réguliers risquent ainsi le cancer du pancréas. C’est vous qui voyez.

Manger sur le pouce à midi et bien lourd le soir

A la mi-journée, nous avons besoin de protéines, qu’elles soient animales ou végétales. Je vois souvent des personnes qui, pour garder la ligne et croyant bien faire, s’infligent une salade verte, dans laquelle vous allez trouver la moitié d’un œuf et une dizaines de lardons. La satiété est peut-être immédiate mais il y a un manque d’acides aminés nécessaires à la synthèse de sérotonine, qui régule l’humeur et le comportement alimentaire. Ces personnes risquent de se jeter sur les sucreries en fin de journée. D’autres, prises par le travail, ne prennent pas le temps de manger à midi et avalent un sandwich. Elles se rattrapent au repas du soir où, enfin posées en famille, c’est le repas complet avec entrée-plat-formage-dessert. Du coup, le corps n’a pas reçu ce qu’il attendait dans la journée et se voit imposer une énorme digestion en début de nuit, là où il commence normalement son travail de nettoyage. De telles habitudes font le lit des problèmes de poids et des maladies métaboliques.

Le fruit frais en dessert

Les protéines sont principalement digérées dans l’estomac, tandis que les glucides le seront dans l’intestin grêle. Un fruit doit pouvoir traverser l’estomac sans encombre jusqu’à l’intestin. Si vous apportez en même temps des protéines – surtout la viande – et un fruit, qui est riche en glucides, celui-ci va se retrouver bloqué, ce qui exacerbe le processus de fermentation à l’origine des ballonnements et des lourdeurs digestives. Essayez de croquer une pomme juste après avoir mangé un steak, je vous garantis une digestion particulièrement animée. En revanche, des fruits cuits ou une compote ne poseront pas ce problème. Les fruits frais sont donc à consommer loin des repas, estomac vide.

Grignoter toute la journée

Nous pouvons ici distinguer plusieurs cas. Le grignotage compensatoire d’une alimentation insuffisante ou déséquilibrée comme nous venons de le voir. Le besoin de consommer des produits sucrés, qui peut être le signe d’un trouble de la glycémie ou encore, notamment lorsqu’il s’exprime typiquement en fin de journée, d’un manque de sérotonine. Le grignotage par ennui, révélateur d’une société qui a tendance a être dans l’occupationnel à tout prix. Se reposer, se changer les idées, ce n’est pas ne rien faire, c’est indispensable à notre épanouissement. Le sport, une ballade, la lecture ou la méditation restent des valeurs sûres. Enfin, le grignotage compensatoire d’un stress mal géré ou de tensions accumulées, qui répondra bien à la sophrologie, aux activités d’expression corporelle, voire à un sport adapté pour ceux qui ressentent le besoin d’évacuer. Lorsqu’il est doublé d’un mal-être existentiel, il peut s’agir du premier pas vers les troubles du comportement alimentaire, à ne pas prendre à la légère et qui nécessitent une psychothérapie.

Le corps humain demande et assimile la nourriture selon une horloge biologique qui doit être respectée. Lorsque nous mangeons en dehors des heures de repas habituelles, la nourriture subira un traitement incomplet. Si la digestion du repas précédent n’est pas terminée, une libération intempestive de sucs digestifs peut provoquer des désagréments gastriques, ce qui n’est pas sans perturber à la longue la flore intestinale. Évidemment, comme l’organisme n’est pas en besoin réel de nourriture, celle-ci sera stockée, favorisant la prise de poids. Si vous en ressentez le besoin, il est possible de prendre une collation en milieu de matinée et en milieu d’après-midi, constituée de fruits frais ou d’oléagineux.

Surconsommer des produits laitiers pour avoir du calcium

Certes, le lait de vache est l’aliment le plus riche en calcium. Seulement voilà, nous oublions un peu vite que ce calcium parvient difficilement à se fixer sur nos os. En revanche, le lait est particulièrement acidifiant, c’est-à-dire qu’il fait baisser le pH. Et que fait l’organisme pour lutter contre un excès d’acidité ? Il fait sortir du calcium. Outre la déminéralisation, les pertes chroniques de calcium par les urines pour excréter les déchets acides favorisent la formation de calculs rénaux. Une consommation excessive de produits laitiers, encouragée par des messages publicitaires réducteurs, contribue davantage à amplifier le problème qu’à le solutionner. Les études épidémiologiques sont implacables : la carte du monde de la prévalence de l’ostéoporose se calque parfaitement sur celle de la consommation de produits laitiers.

Il ne suffit pas d’apporter du calcium en masse pour que nos os en bénéficient. Il doit être disponible et trouver de quoi se fixer. La vitamine D est nécessaire aux cellules de l’intestin pour capter le calcium dont l’organisme a besoin. Pour s’intégrer à l’os, le calcium demande la présence d’autres minéraux, notamment le magnésium, le zinc et le silicium, tandis que la vitamine C et les antioxydants protègent le processus. Or ces nutriments proviennent surtout des végétaux de qualité dont nous manquons. Les légumes verts, légumineuses, céréales complètes, oléagineux, algues, contiennent une quantité intéressante de calcium, certes moins importante mais plus facilement assimilable. Plusieurs études ont associé une densité osseuse importante à un régime alimentaire riche en fruits et légumes.

Manger trop vite

La mastication est le premier maillon de la chaîne digestive. Les dents écrasent les aliments puis le fait de les garder en bouche assez longtemps permet aux enzymes salivaires de commencer à agir. Si cette phase est zappée, les maillons en aval auront un surcroît de travail et c’est la qualité finale du processus de transformation digestive qui en pâtira. En particulier, les glucides subissent peu l’action de l’estomac. Si vous avalez vos pâtes, elles parviendront presque intactes dans l’intestin. Les enzymes intestinales n’étant pas suffisantes au démontage de l’aliment, c’est le microbiote qui s’en fera un festin. Si le phénomène devient trop fréquent, il y aura une prolifération excessive des bactéries intestinales, qui non seulement provoque des ballonnements mais fait le lit de nombreux problèmes de santé.

Il y a encore plus insidieux. Le processus digestif, qui commence nécessairement par une mastication efficace, a pour objectif de dégrader les protéines en molécules suffisamment simples – du point de vue immunitaire, on parlera de perte de l’identité antigénique – afin qu’elles soient facilement reconnues puis assimilées. Une digestion incomplète, chez les personnes dont le système immunitaire fonctionne mal, augmente le risque que certains aliments soient considérés comme des agresseurs. C’est ainsi que débutent les fameuses intolérances alimentaires qui sont entrain de devenir un véritable fléau.

En mangeant trop vite, le signal de satiété, qui demande au minimum 15 minutes, n’a pas le temps de parvenir au cerveau. Pendant ce temps, nous continuons à manger au-delà de nos besoins. Pire encore, si nous faisons autre chose en même temps, le cerveau n’enregistre pas le signal. Un exemple flagrant : lorsque vous mangez compulsivement du pop-corn au cinéma, malgré les quantités absorbées, vous avez faim en sortant de la salle. Manger est une activité à part entière. Sans pour autant vivre comme des moines, prenons au moins le temps de savourer ce que la vie nous offre. Nous sommes en France après tout.

Crédits photo : Pixabay

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