Vous êtes fous d'avaler ça : Un industriel de l'agroalimentaire dénonce... - Prévention Santé
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Vous êtes fous d’avaler ça : Un industriel de l’agroalimentaire dénonce…

Christophe Brusset dénonce les multiples dérives dont il est, depuis vingt ans, le complice ou le témoin dans les coulisses de l’industrie agroalimentaire. A 44 ans, cet ingénieur de haut niveau devenu dirigeant au sein de groupes internationaux a décidé de « faire son devoir » et de briser la loi du silence. Piment indien rempli de crottes de souris, thé vert de Chine bourré de pesticides, faux safran marocain, viande de cheval transformée en boeuf, confiture de fraises sans fraises, origan coupé aux feuilles d’olivier : les arnaques qu’il révèle sont nombreuses, mais ses conseils rassemblés dans son « guide de survie en magasin » devraient vous permettre d’en déjouer la plupart ! Allons à sa rencontre pour une interview exclusive.

Interview

Christophe Brusset, merci de nous accorder cet entretien, votre succès de librairie baptisé « vous êtes fous d’avaler ça, un industriel de l’agro-alimentaire dénonce » est paru aux éditions « J’ai lu » en 2016.

 

Deborah D : Tout d’abord, est-ce votre vrai nom ? et si oui, avec ce que vous dénoncez, ne craignez-vous pas de finir au fond de la mer…. ?

Christophe Brunet : Bonjour. J’ai effectivement publié ce livre sous mon vrai nom. Cela a été un choix très difficile car je savais que je serai définitivement blacklisté dans mon milieu professionnel, du moins en France. Mon éditeur m’avait conseillé de ne nommer aucun des protagonistes ou entreprises pour lesquelles j’ai travaillé, cela afin d’éviter les procès. J’ai eu quelques menaces, perdu beaucoup “d’amis”, mais gagné le respect de moi-même et de ceux qui comptent pour moi.

 

Deborah : Pour qui a eu le plaisir de vous lire le scandale européen actuel des oeufs contaminés au Fipronil n’entraînera aucune surprise.  vous dénoncez à longueur de pages des pratiques absolument abominables mais aussi des cas de fraudes et d’escroqueries gravissimes, a votre avis pour quelle raison un certain nombre d’industriels sans scrupule ont-ils introduit cet antiparasitaire interdit pour les animaux d’élevage auprès de poules pondeuses?

Christophe :  La raison qui explique les fraudes est toujours la même et elle est fort simple; le risque de se faire attraper et sanctionner est minime face aux profits réalisés. De plus les industriels sont généralement couverts par les autorités. Regardez précisément le cas des oeufs au Fipronil. Les autorités françaises nous disent qu’au moins 500 tonnes d’oeufs contaminés ont été importés en France. Or les seuls produits montrés du doigt sont des biscuits et gaufres… Belges ou Hollandaises. Que sont devenu les centaines de tonnes d’oeufs importés en France, dans quelles préparations ont-ils étés incorporés, sous quelles marques françaises ? Circulez-y’a rien à voir, comme d’habitude.  

 

Deborah : Votre livre fourmille d’anecdotes qui pourraient se révéler franchement cocasses si elles ne traitaient pas de sujets aussi graves. Le miel par exemple est un produit naturel qui bénéficie d’une excellente réputation pour la santé, vous évoquez les exportations chinoises en quantités astronomiques vers le reste du monde alors que ce pays a décimé ses abeilles par un emploi forcené de pesticides, racontez-nous ce miracle…

Christophe : la Chine est en effet le premier exportateur mondial de miel alors que sa population d’abeilles a été décimée par les pesticides. L’explication de cet étrange paradoxe est simplement qu’une grande partie de leur miel, la majorité selon mon expérience, est fraudée. J’ai été acheteur de miel pendant des années pour l’un des plus gros importateurs de France et je connais parfaitement ce “miel” de Chine à bas prix que nous mettions en pots pour les chaînes de supermarchés françaises. Les Chinois sont passés maîtres dans l’assemblage de sucres industriels, de colorants, de pollens, d’arômes et autres additifs afin d’imiter la formulation d’un miel naturel. Selon certaines études récentes d’associations de consommateurs, jusqu’à un tiers du miel dans nos supermarchés sont ainsi trafiqués.

 

Deborah : Beaucoup plus grave, vous accusez la Chine d’exporter du thé lourdement contaminé aux pesticides, très largement au dessus des seuils autorisés, avec une Communauté Européenne qui ferme sciemment les yeux pour s’éviter un incident diplomatique avec ce gigantesque pays, confirmez-vous vos allégations?

Christophe :  Je rapporte dans mon livre la conversation que j’ai eu avec un inspecteur du service des fraudes, la DGCCRF, suite à un contrôle de nos stocks de thé vert de Chine, dont nous importions plusieurs centaines de tonnes par an. Les analyses avaient montré des teneurs largement au dessus des normes pour les pesticides et ces lots auraient dû être détruits, une alerte sanitaire Européenne lancée et les importations de thé Chinois bloquées. Il avait été retrouvé de ces lots bourrés de pesticide dans toute l’Europe et l’affaire était énorme. Finalement les autorités n’ont rien fait, l’affaire a été étouffée. Nous avons pu vendre nos lots sans être inquiétés.

 

Deborah : Un chapitre entier est dédié à l’utilisation du fromage dans les préparations industrielles, ou plutôt de ce que vous avez appelé le « frauxmage ». Vous détaillez longuement la composition d’un fromage dit fondu, puis d’une « spécialité fromagère » voire d’un « fondant de fromage », à chaque fois on descend en qualité nutritionnelle, quel enfer donc ?

Christophe :  L’intérêt de dégrader la qualité est bien entendu de faire baisser les coûts, pour vendre moins cher ou faire plus de profits. Ces produits illustre parfaitement qu’il est illusoir de penser que l’on peut bien se nourrir avec des produits industriels au rabais. La qualité dans l’alimentation comme pour les autres produits a un coût et doit se payer. Mais ce qui est le plus choquant c’est qu’à coup de belles images, de formules ronflantes, on vous trompe sciemment sur la qualité du produit et vous achetez en réalité un sous-produit sans le savoir.

 

Deborah : Vous terminez votre ouvrage par un « petit guide de survie en magasin » rédigé en 10 conseils dont l’un pourrait a priori choquer, vous dites qu’il ne faut surtout pas acheter les premiers prix… pourquoi ?

Christophe :  Je parle par expérience et je donne de nombreux exemples. J’ai fabriqué des produits bas de gamme, à marque distributeurs et “à marque nationale” ou de grande marque comme on dit, et c’est toujours pour les produits où le prix est l’argument principal de vente que les fraudes sont les plus nombreuses. Les premiers prix doivent, par définition, être les moins chers possible, et cela est difficile, voir impossible, sans rogner la qualité. Pour cela on ajoute de l’eau quand c’est possible (surgelés, sauces, fromages fondus…), des sous-produits (huiles végétales au lieu de beurre de cacao, colorant et non vrais fruits…), ou même des déchets (épices et vanilles épuisées…)

 

Deborah : Quel serait votre mot de la fin? Quel conseils finaux pour le consommateur ?

Christophe : Soyez vigilants, lisez les étiquettes, choisissez les produits locaux et bio si vos moyens vous le permettent. Evitez les premiers prix et les produits bourrés d’additifs.

 

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