Naturopathie et Mycothérapie
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Naturopathie et Mycothérapie par le Dr Bruno Donatini

Déborah Donnier a interviewé le Dr Bruno Donatini, médecin et gastro-entérologue, lors des Académies de la Naturopathie, le 16 mai 2014 à Aix-les-bains. Découvrez l’interview.

Retranscription : Bertrand Frey

DD (Deborah Donnier) : On est à un congrès de naturopathie. Quelle est pour vous la fonction du naturopathe par rapport au médecin?

Bruno Donatini: Je pense qu’il va avoir un rôle beaucoup plus préventif, beaucoup plus pédagogique. Il va prendre le temps d’écouter beaucoup plus son patient. Il va pouvoir essayer de le convaincre de changer ses mauvaises habitudes hygiéno-diététiques, un peu plus de sport, manger moins de produits favorisant la disbiose, les flatulences, les troubles digestifs. Et s’attacher à des petits détails – on va oser dire cliniques -, qui vont interpeller sur l’état immunitaires, les infections virales résiduelles que l’on peut trouver chez le patient, et qui n’auront pas forcément alerté le médecin qui sera un petit peu débordé, ou qui sera plus préoccupé par l’observance de médicaments.

DD: Donc c’est un allié en plus du médecin, ou du gastroentérologue. On le répète: faites une consultation régulièrement. On ne vous dit pas de n’aller voir qu’un naturopathe, attention.
Les virus qui existent aujourd’hui, les plus connus et les plus dangereux, est-ce que vous pouvez les citer?

BD: Les virus les plus dangereux appartiennent probablement à la famille des Herpes virus. C’est un très grand groupe. On connaît en particulier la nocivité du virus d’Epstein-barr, la mononucléose infectieuse, qui va favoriser certaines maladies tumorales, comme le cancer de l’estomac, certains lymphomes. Il peut même favoriser des maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques.
Un deuxième représentant, le cytomégalovirus, peut favoriser des tumeurs cérébrales.

Outre ce premier grand groupe, il existe des virus d’hépatites; les B et C sont bien connues, et vont donner des hépatites aigues, des hépatites chroniques, qui peuvent dériver vers des tumeurs.

Donc on sait que certains virus sont pro-cancéreux. Et il faut particulièrement veiller à leur dépistage, et à leur traitement rapide.

DD: c’est vrai que les virus, on de dit que ce n’est pas forcément inquiétant. On va passer une semaine avec de la fièvre, ce n’est pas forcément intéressant. Les médecins ne s’attardent pas assez à ça. Vous, vous avez une solution avec les champignons. Quels sont ces champignons qu’on pourrait conseiller?

BD: Les champignons peuvent être d’excellents immuno-stimulants, et par ce biais là, peuvent être d’excellents anti-viraux. Ce ne sont pas des champignons que l’on va trouver dans les supermarchés certes, mais ils restent des champignons alimentaires. Donc il s’agit tout simplement de légumes particuliers, qui contiennent soit des sucres, soit des substances complémentaires, comme des polyphénols, qui peuvent activer l’immunité. On sait très bien que consommer beaucoup de légumes est bénéfique pour la santé.

On retiendra comme champignons, le coriolus versicolor, le ganoderme luisant¸ très connu sous le nom de reishi. Le héricium est un champignon intéressant contre les virus, et contre l’hélicobacter.
Le phellinus linteus va stimuler l’immunité digestive, protéger la paroi digestive.
Le shiitaké, encore appelé le champignon savoureux, peut même être consommé avec des plats usuels.

Donc on peut retenir 4 grands types de champignons, qui peuvent aider à l’immunité, et au nettoyage viral ou bactérien, facilement au cours de l’alimentation.

DD: Quel est l’avantage du champignon, en complément de la phytothérapie?

BD: Ce n’est pas la même dimension. La phytothérapie va être basée sur des produits qui ne sont pas classés aliments, donc qui sont presque artificiellement rajoutés, en cas de pathologie ou de prévention. Donc la phytothérapie, bien souvent, va être rattachée à une notion de médicament. On est dans le traitement, la modification d’un statut physiologique.

Là on est dans l’aliment, dans la prévention de fond. C’est-à-dire que ça pourrait concerner tout le monde, de la même façon que 5 fruits et légumes et un slogan qui concerne tout le monde.
On sait très bien que nous sommes presque tous infectés, soit par des virus herpétique, soit par la mononucléose infectieuse, soit par le papillomavirus, un autre virus cancérigène qui peut être concerné par le champignon. On va dire que 90% de la population pourra être concernée par ces immuno-stimulants naturels.

On ne dira pas que 90% des gens devraient prendre de la phytothérapie. C’est la différence. Et c’est là où se place le naturopathe. Le naturopathe pourrait être consulté par quelqu’un de bien-portant. Donc une visite de prévention, ou une visite de mal-être, alors que la personne qui viendrait consulter le naturopathe n’irait pas voir un médecin pour une consultation thérapeutique. Ce n’est pas la même démarche.

Là, en effet, on peut replacer l’aliment dans un contexte de prévention plus soignée, et chercher des petits signes, soit d’atteinte buccale, soit de répétition d’infection, qui peuvent alerter sur une infection sous-jacente.

DD: Quels conseils justement donner aux naturopathes, qui voudraient utiliser vos champignons, vos produits?

BD: La première démarche est de venir à une formation, c’est bien évident. C’est surtout être déterminé à avoir une pratique d’évaluation. Il faut apprendre à avoir le coup d’œil ou les bonnes questions, pour dépister un mauvais statut immunitaire, prendre l’habitude de mesurer ce que l’on fait, de façon à pouvoir choisir les traitements efficaces, et satisfaire son client. Parce que l’objectif maintenant, est d’être concrètement efficace, et de le démontrer. Il faut qu’il apprenne à devenir un acteur de santé à part entière.

DD: Une auditrice nous dit, j’ai pris vos traitements, et je ne vois pas de grandes améliorations. Mais attention, vous allez lui répondre qu’il y a une rigueur alimentaire derrière. Et un environnement, par rapport à tout ça.

BD: Tout à fait. On est dans une prévention, et dans une évaluation. Cela veut dire que ça doit être encadré par un professionnel, qui a repéré une dysfonction, et qui doit corriger un statut. Il y a une plainte, il faut un diagnostic. Cette plainte, n’est peut-être pas univoque. Ce n’est peut-être pas un virus isolé, cela peut être aussi une mauvaise habitude alimentaire.

Donc première étape, faire un point nutritionnel. Vérifier qu’il n’y a pas une pathologie qui mériterait un traitement médical: il peut y avoir un réel problème sous-jacent. Donc ne pas commettre l’erreur de faire de l’alimentaire, alors qu’on est face à une lésion plus grave, une infection, ou une pathologie plus grave. Donc la première étape est en effet de spécifier la cible, et de ne pas tomber dans le piège d’une pathologie sévère.

La 2ème étape est de mesurer. Moi-même, comme tous les praticiens, on se fait piéger par des patients peu satisfaits, ou qui viennent avec un effet nocebo – un effet plutôt négatif -. Et lorsqu’on vérifie les faits par une mesure biologique, par le poids, par un test respiratoire, on s’aperçoit qu’au contraire, les résultats ont été excellents. Mais elle est pessimiste, et en fait il faut lui expliquer que tout s’est très bien passé, qu’elle va beaucoup mieux.

DD: IL faut être un peu positif, là dedans! En tout cas, on essaye de vous transmettre des informations, et c’est surtout des recherches bien pointues. Et vous pouvez le retrouver dans le livre de Bruno Donatini. Autre question d’un auditeur: comment faire une bonne vidange de l’estomac?

BD: Il y a très souvent des patients qui conservent plus de 2 à 3 h, leur repas dans l’estomac. Normalement, un estomac se vide assez rapidement, dans les 2 h, il doit avoir vidé l’essentiel de son contenu dans l’intestin grêle. Et si ce n’est pas le cas, on peut l’aider. On peut soit favoriser certains mouvements. Certains mouvements de yoga, vont, par des torsions, éventuellement la tête en bas, amener progressivement à une vidange progressive de l’estomac.

2ème possibilité: manipulation douce viscérale ostéopathique, qui va rassembler le contenu gastrique vers le haut et la droite, ouvrir la pince entre l’aorte et l’artère mésentérique supérieure, en amenant un petit peu vers la droite les vaisseaux et le mésentère. Et puis on va, dans le sens des aiguilles d’une montre, vidanger le duodénum, de façon à passer son contenu à travers cette pince.

Enfin, il y a des produits simples, comme le sorbitol ça peut être du jus de pruneau, du jus de betterave, ou même du sulfate de magnésium¸ qui va aider à vidanger l’estomac, en comprimant le duodénum.

On peut allier tout ça, éventuellement avec des plantes cholérétiques, pour vider le foie. Et on peut obtenir en une semaine de bonnes vidanges, même prolongées.
On peut ajouter certaines épices: le piment, le gingembre, peuvent favoriser la vidange de l’estomac.

DD: quel serait votre constat sur la santé de la société actuelle?

BD: La société actuelle s’appuie sur le traitement des pathologies, pour diminuer l’inflammation. Donc c’est une société qui va vers l’immuno-suppression. La vaccination favorise l’immuno-suppression, les corticoïdes également. Dès qu’il y a une maladie auto-immune, on emploie largement les immuno-suppresseurs, de plus en plus puissants, de plus en plus spécifiques. Ce qui va diminuer les défenses contre les virus, contre les cancers. Donc on observe beaucoup plus de virus, de cancers. On observe plus de prionopathies: c’est ce terme prou les maladies neurodégénératives, qui sont favorisées par l’immuno-suppression.

Donc nous allons vers une société qui vieillit – c’est une très bonne chose -, mais qui vieillit avec un immuno-suppression. Et cette immuno-suppression donne beaucoup de pathologies lourdes. Donc on a beaucoup de polypathologies après 55-60 ans, qui n’existeraient peut-être pas si on préservait un peu plus l’immunité antivirale. Et donc les fruits et légumes viennent dans ce cadre, la bonne vidange de l’estomac qui diminue les lymphocytes de tolérance, une meilleure chaleur corporelle par plus de mouvements, plus de vascularisation, de postures. Et certainement plus de détente, puisque le stress diminue la vidange gastrique. Donc une meilleure prise en charge naturopathique améliorerait cette santé de fond.

DD: Une dernière question d’auditeur, le cas du gluten et du lactose. Qu’en pensez-vous? Il y a en effet une polémique sur ce sujet sur internet actuellement; certains sont anti, d’autres sont « pro », en disant: finalement, on peut faire abstraction, mais de façon légère.

BD: Je pense qu’il est urgent d’introduire des outils de mesure. Un outil de mesure simple, c’est la mesure du gaz expiré, qui permet d’avoir une vision précise des bactéries dans l’intestin. Ces bactéries, qui doivent exister en petites quantités, vont modifier les aliments non absorbés. Donc si vous absorbez beaucoup d’aliments qui ne sont pas métabolisés, les bactéries prennent le pouvoir; elles vous nuisent, créent l’inflammation, baissent l’immunité, favorisent les virus et les cancers.

Donc si vous consommez des laitages et que vous produisez de l’hydrogène, ce n’est pas bon pour vous. Si vous consommez du gluten, et que ça abrase votre muqueuse puisque ça produit des gaz, ce n’est pas bon pour vous.

Je pense que là, il y a une réponse simple et claire, individualisée, professionnelle, au débat. Le débat n’existe que parce qu’il y a trop de monde qui parle de choses qu’ils ne mesurent pas.

DD: L’avantage avec vous, c’est qu’il y a des preuves scientifiques. On ne va pas inventer les choses, les constats sont là.

BD: Ce n’est pas un débat philosophique. C’est un débat scientifique. La naturopathie doit avoir une base scientifique. Même si la philosophie est humaniste, et qu’on joue aussi pour le développement spirituel, mais dans la longévité de l’être humain, c’est d’abord scientifique, ça doit reposer sur des mesures, et on doit constater une efficacité.

DD: et puis il faut soigner, parce qu’on a besoin de plusieurs corps de métiers.

BD: Bien sûr. Si on veut pouvoir être un acteur de santé, on ne peut pas être tout seul et mépriser les autres. C’est un tissu déjà bien structuré, avec une règlementation précise, des gens très honorables, qui ne demandent qu’à travailler entre eux.

DD: Un dernier mot pour nos auditeurs? Qui sont fans, qui suivent beaucoup votre actualité!

BD: Eh bien, je vous souhaite de consommer d’excellents légumes, très riches en bactéries et en polyphénols, issus de la culture bio. Je vous souhaite de réussir de très bons plats, parce qu’on peut faire des choses excellentes, avec des produits naturels bien entendu.

DD: Amis auditeurs, vous l’avez entendu, mangez bien, avec beaucoup de plaisir. Et faites du sport, c’est important. Pour les conseils et les consultations de Bruno Donatini, vous écrivez sur notre site internet, sur le formulaire, qui arrive directement dans la boîte mail de Bruno.

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Notice :

Les informations diffusées sont données à titre non professionnel. Elles ne remplacent aucunement les visites médicales, les diagnostics et les traitements médicaux qui doivent être faits en fonction des situations particulières de chacun, et que seul un médecin, dont le titre est légalement reconnu en France, peut réaliser.