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A la rencontre de Michel Caes, Eat Men

Peux-tu me parler de ton parcours avant EAT ?

Quand j’avais 15 ans, j’ai fait un CAP d’apprenti-charcutier, charcutier-traiteur et pâtissier. De 20 à 25 ans, j’ai travaillé pour des petits traiteurs et des charcutiers à Paris. J’ai commencé à me mettre à mon compte pour des mariages, des banquets,…

De Paris, je suis parti à Saint-Raphaël pendant 4 ans pour travailler dans la restauration pour partir de la banlieue surtout. De 2001 à 2006, je suis parti au Mexique à Playa Del Carmen, c’est le sud du Mexique à côté de Cancun. J’ai ouvert ma première pâtisserie là-bas. J’étais le premier français à ouvrir çà là-bas, çà a très bien marché pendant 3 ans et ensuite, j’ai croisé une hollandaise et donc je suis arrivé ici au Pays-Bas.

Donc, avant de venir aux Pays-Bas, pour repartir à zéro, j’ai revendu ma boutique au Mexique et j’ai racheté un bout de terrain là-bas. Et donc, je suis arrivé aux Pays-Bas avec zéro EUR pour tout recommencer à zéro.

J’ai travaillé en tant que cuisinier mais dans le but, de rouvrir assez vite une boutique et donc, j’ai eu la chance de rencontrer un gars qui m’a aidé financièrement parce que je ne voulais pas passer par les banques. J’ai réouvert une boutique aux Pays-Bas, il y a 7 ans, j’étais parti sur la pâtisserie-traiteur. Comme j’avais des demandes pour du pain, j’ai commencé à apprendre à en faire car je ne savais pas, je l’ai fait de façon autodidacte et c’est aussi mes employés qui me l’ont enseigné.

Je voulais faire du pain bio, au levain,… Çà a très bien marché, maintenant, il y a 4 boutiques et 25 employés. Çà commençait à être un peu gros, et j’ai d’autres convictions de la vie, je crois plutôt au travail ensemble, j’ai jamais cru au travail comme une manière de vivre, c’est un énorme mensonge sauf qu’au début, on ne connaît pas d’autres solutions.

On est des êtres humains, on n’est pas nés pour travailler. J’ai toujours été contre le conformisme, le fait de rester dans le moule. J’ai toujours été contre la nourriture industrielle car moi, je faisais dans l’artisanal. Il y a un an et demi, j’ai décidé d’arrêter de travailler complètement. J’ai un ami qui est venu me parler du gaspillage alimentaire dans sa propre entreprise.

C’est une entreprise numéro 1 en Europe dans la vente de fruits et légumes bio.

Il m’a expliqué que chaque semaine, il devait jeter de 6 à 8 tonnes de nourritures bio qui venaient du monde entier : ananas, mangues, bananes, poivrons,…

C’est bio mais pas écologique… Çà m’a permis de faire vraiment quelque chose de plus positif et attaqué vraiment sur le sujet du gaspillage alimentaire. J’ai cherché une équipe pour m’aider : avocat, juriste, comptable,… Je voulais faire quelque chose de collectif, coopératif et solidaire.

J’ai appelé çà Eco-Révolte : Eco pour écologie, économie et école de la vie et Révolte parce que je suis un indigné, un révolté : http://www.ecorevolte.com/?lang=fr

J’ai commencé avec ce projet-là donc les gens ont commencé à m’inviter dans des petits événements, pour faire des petits speechs.

On a créé une coopérative qui a eu le droit d’acheter les produits qui sont destinés à la poubelle, je parle de l’importateur, les premiers qui vont arriver les produits dans le pays.

Ils  » perdaient » de l’argent parce qu’ils jetaient au moins 6 à 8 tonnes de produits par semaine. Ils devaient payer le transport et le poids des poubelles. Ils font payer aux autres cette perte.

C’est aussi pour cela que les fruits et légumes restent chers. Mais cela les gênait de participer au gaspillage. Au fond cela les arrange que quelqu’un les achètent.

Mais malheureusement, ils ne réduisent pas les achats qui laisseraient donc ces fruits à ceux qui en ont vraiment besoins.

C’était mon but de ralentir la SURPRODUCTION MONDIALE et répartir de manière juste.

On a fait un accord avec eux, on a décidé d’acheter au « prix-poubelle », c’est-à-dire le prix qu’eux devaient payer pour transporter la poubelle. Pour une idée de prix, une palette entre 800 et 1000 kg, on va l’acheter 100 euros, çà fait plus ou moins entre 0.08 et 0.10 le kilo. On a créé des boîtes d’assortiments (5 à 6kg) pour un montant de 10 EUR.

Tout va pour la coopérative, tout le monde est volontaire. On a créé des points de distribution pour que les gens se rassemblent, c’est aussi pour un but social, comme çà les gens peuvent se croiser, se rencontrer.

J’ai fait un speech pour la marche contre Monsanto, mais il était dans un but positif au lieu de parler de Monsanto, j’ai parlé des gens qui faisaient des choses biens.

Un jour, je suis tombé sur Méta TV, c’était une interview avec Gilles Lartigot.

Je me suis dit çà c’est un gars qui a trouvé la façon de parler. J’ai commandé le livre assez rapidement pour le lire et entretemps, j’ai recherché l’adresse mail de Gilles, pour lui demander s’il était possible de parler une fois avec lui. Il a accepté et on a fait un skype 🙂 Je voulais créer un festival sur la nourriture, ici à La Haye, çà allait s’appeler Food Love. Je lui ai demandé si çà l’intéresserait de faire une conférence, il a accepté. D’une manière incroyable, je me sentais très heureux, valorisé.

Il y avait différents conférenciers qui parlaient de la même chose comme Gilles mais en anglais et en hollandais. Ce qui prouve bien que ce problème est mondial. Pour ce festival, je ne voulais pas de plastique, il y avait que des jus de fruits frais, fais par des volontaires toute la journée.

Un moment incroyable international, des gâteaux végans, Du quinoa de cooperatives fair trade … Pendant ce temps je faisais un atelier pour les enfants » cookies vegan « avec Gilles à mes côtés.

Donc  j’avais fini le livre de Gilles  et çà m’a permis de prendre conscience sur la  façon de me nourrir car j’étais conscient mais n’etais pas passer a l’action. Pour moi, ce livre m’a fait passer le pas, je ne consommais donc plus de viande en octobre après 4 mois, sans effort, j’avais perdu 8kg. Ce que j’ai aimé dans le livre de Gilles : c’est que la première partie, était pour broyer du noir mais ne confirmer que mes informations.  La deuxième, c’est des solutions que je cherchais. Quand, j’ai vu toutes les solutions qui s’offraient à moi, surtout moi qui suis cuisinier, je connaissais les produits mais je n’ai jamais pensé à les assembler.

Son livre m’a vraiment fait l’effet d’un coup de fouet, j’ai tout revu niveau alimentation. Et j’ai le projet de me déplacer en France pour faire des ateliers pour apprendre aux gens à se nourrir plus sainement.

Découvrir l’interview d’un autre Eat Men, Claudio Nigro

Rédaction : Julie Harze www.coloretanature.be

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