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La relation à la mort… un voyage au-delà de la vie

Puisque la vie est une maladie mortelle, sexuellement transmissible, je vous invite à un bref voyage extraordinaire, celui qui conduit au-delà de la vie vers ce passage qu’est la mort.

Cette « mort qui console et qui fait vivre » – Charles Baudelaire, nous y serons tous confrontés un jour ou l’autre….

Ce message important que je transmets à travers ses lignes, sont quelques siècles de réflexion en médecine traditionnelle chinoise transmise par le Dr Leung Kok Yuen.

Le premier postulat du point de vu médical, est que nous ne souffrons que durant notre vie. A se demander si la vie n’est que souffrance… du moins, c’est le premier axiome que Bouddha s’est posé un jour en sortant de chez lui.
Quoi qu’il en soit, pour comprendre la maladie, la souffrance humaine, il est bon d’avoir un regard un peu éclairé sur ce que sont ses phénomènes de la Vie et de la Mort. Et c’est bien là, un autre postulat que La Vie et La Mort ne font qu’un… on ne peut pas comprendre l’un sans s’intéresser à l’autre.

C’est souvent sur l’idée de la mort que se fait une médecine que découle ses choix thérapeutiques par rapport à la vie. Ainsi, si nous avons autant de débats éthiques dans notre médecine par rapports aux mourants et à l’euthanasie, ne serait ce pas parce que nous ne sommes pas clair avec la notion de la mort?

Qu’est-ce que la vie ?

Sur le principe de la Vie, n’importe quels astrophysiciens peuvent nous en décrire son processus… On sait que si la vie est apparue sur terre, c’est la résultante d’un fruit de jeu de force…

Ce jeu de force est connu puisqu’il est emblématisé par le soleil et la lune dont l’influence à la surface de la terre a été représentée par le Yin et e Yang :

  • Le Yang étant l’influence solaire qui s’exerce sur la surface de la Terre,
  • Le Yin étant l’influence de nature lunaire.

Au niveau de la médecine traditionnelle chinoise et de manière tout à fait basique, ce qui fait que nous sommes en vie est :

  • le souffle… l’air qui vient du ciel, il nous maintient en vie,
  • le sang… qui vient de la terre, de ce que l’on mange,
  • la conscience… la veille et le sommeil ou le soleil et la lune. Ce qui équivaut au rythme nycthéméral : tous les soirs on meurt, on tombe dans une petite mort… on change juste de dimension puis le matin on revient.

Ces trois rythmes nous maintiennent en Vie, c’est-à-dire que si l’un des trois est interrompu c’est la mort qui nous attend au bout du chemin.

La vie ne nous appartient pas… on appartient à la vie !

 

Il existe donc 3 niveaux de Vie de l’être humain :

  • la partie terrestre qui nous constitue : JING – MATIERE – CORPS,
  • de l’énergie pour animer la matière, tout ce qui est fonctionnel : QI – ENERGIE – FONCTION,
  • la conscience organisatrice céleste qui éclaire : SHEN – ESPRIT – PSYCHISME

Comme on appartient à la vie, on se pose plein de questions existentielles, on cherche un sens, une raison d’être.

La pensée chinoise s’’est forgée sur 3 courants :

  • le taoïsme est une approche médicale ; c’est aussi la philosophie de la nature : la longue vie, c’est lorsque l’on atteint de son vivant le temps éternel qui nous relie au ciel et à la terre… ce n’est pas la longue vie du corps, c’est celle de l’esprit qui continue à vivre.
  • le confucianisme est une approche des préoccupations beaucoup plus sociales, celle du mode de vie pour être en bonne santé, celui de son destin à remplir (que vais-je faire de ma vie ?),
  • le bouddhisme est quant à lui, une approche spirituelle avec des questionnements philosophiques (qu’est ce que je fais là ?)

Ses 3 pensées ne font qu’une dans la médecine traditionnelle chinoises. Certains les vivent de façons exclusives, cependant elles sont complémentaires. Seul, nous intéresse ici ce que le taoïsme nous a légué puisque l’on parle de médecine chinoise, de cette approche avec la mort…

La mort – Conception taoïste de la vie et de la mort

L’origine de la vie à savoir d’où l’on vient, tout le monde la connait et cette origine ou plutôt cette énergie s’appelle YUAN. D’après la médecine traditionnelle chinoise le « Yuan Qi » se situe au niveau des reins. Ainsi, l’aspect Yin des reins transmet les liquides séminaux de reproduction et l’aspect Yang des reins transmet la capacité de reproduction (la libido).
C’est la réunion du Yin et du Yang des reins qui donne l’énergie ou le Qi des reins, cette force de transmission de la vie.

On ne donne pas la vie, on ne fait que la transmettre pour assurer la pérennité d’une origine.

Ainsi, cette énergie le « Yuan Qi » est composée de 2 parties :

  • l’être humain est un animal vivipare, c’est-à-dire qu’il provient d’un œuf, d’un embryon, d’un germe qui contient déjà en lui toutes les potentialités de l’homme. C’est l’intelligence cellulaire qui remplit une forme : la forme physique, le fonctionnement du corps et des organes, le mouvement. Elle est appelée le PO,
  • le Hun est la nature innée de l’homme, il est décrit comme quelque chose d’invisible « l’AME » ; c’est le logiciel d’origine du fonctionnement psychique (comportemental, émotionnel, spirituel).

C’est l’union du Hun et du Po qui détermine la venue au monde d’un nouvel être. Et une fois au monde, ce nouvel être va recevoir les influences (le mode de vie, l’éducation, les aliments, etc…) de son environnement. Ces stimuli sont directement en relation avec le SHEN qui est l’esprit, la conscience acquise durant les premières années de la vie et le SHEN TI, qui est l’apparence physique, matérielle de l’organisme, capable d’adaptation.

LA VIE est la combinaison de ces 4 éléments. Le Shen provenant du Hun et le Shen Ti provenant du Po vont devoir coexister en parfaite symbiose. Le Qi étant la jonction des quatre agrégats. Cependant, il peut arriver dans la vie que l’un des éléments se séparent accidentellement des autres.

Par exemple, le Shen, l’esprit se sépare du corps alors que le Hun et le Po sont toujours là : c’est le coma ou la perte de conscience qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs années.
Autre situation, le Hun qui part… le Shen, le Po et le Shen Ti sont toujours dans le corps. Normalement, c’est le Hun qui retient le Shen et si il disparaît, le Shen n’est plus contrôlé : c’est se que l’on appelle la folie ou la démence observée le plus souvent chez les personnes âgées.
Dernier cas, le Po qui s’en va… le Hun, le Shen et le Shen Ti demeurent dans le corps. Ce n’est pas la mort, mais le Shen Ti n’a plus son souverain. Il se produit un changement physique de la forme originelle du corps. Là, on est dans les pathologies de malformation du corps, d atrophie musculaire, de paralysie, etc…

De sa naissance à sa mort, un être humain subit un processus de transformation. On distingue :
la naissance – la croissance – la maturation – le vieillissement – la mort

Tous les êtres vivants doivent normalement passer par toutes ces étapes. Cependant suivant les circonstances, certaines de ces étapes peuvent voir leur durée raccourcie, diminuant notre espérance de vie.
La longévité naturelle de l’être humain est située entre 100 et 120 ans.

« Le jour de notre naissance est le jour où nous commençons à mourir ». – Erickson

Dans cette succession, la maladie est présentée comme quelque chose d’inéluctable et le vieillissement est vécu comme une altération du corps qui donne des symptômes.
Toutes maladies et quelques soient sont degrés, nous demandent réparations en puisant dans notre réserve… ce qui veut dire que cela rapproche l’heure de la mort. Le tout est de savoir si l’on doit considérer cette mort comme une condamnation ou comme une libération ? De là, on peut s’intéresser à la mort de 3 façons : médicale – sociale (les chinois disent qu’elle est représentée comme une montagne, une plume) – religieuse (chaque religion à sa théorie et si l’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que le Paradis et l’Enfer en est la variation ; cette perspective incite les humains à agir différemment : le bien/le mal).

Depuis l’antiquité à nos jours, tous les sages le répètent à leurs façons : la réponse à notre angoisse existentielle se passe par la prise de conscience de nos agrégats… Qui sommes-nous ? Ces 4 corps, en sommes-nous vraiment conscients ? Une fois qu’il demeure après leur dissolution, où allons-nous ? Qu’est-ce que cela devient ?

« La raison de la peur de la mort, c’est qu’en sommes nous ne savons pas qui nous sommes. » – Ringpoché

Le processus de la mort

La mort est le détachement progressif du corps par les 4 agrégats, dans l’ordre , du Shen, du Hun, du Po et enfin du Shen Ti. Lorsque le corps n’a plus ni Shen (esprit), ni Hun (âme), cela signifie que le corps n’a plus de maître. Le Po peut alors quitter le corps après un certain temps puis commence la lente disparition du Shen Ti ou corps physique qui retourne en poussière.

La Vie est une agrégation, la mort est une dissolution.

Il se peut qu’au moment de ce processus de la mort des problèmes surviennent :

  • Si le Shen et le Hun restent collés l’un à l’autre, c’est-à-dire qu’au lieu de partir séparément ils partent ensemble alors que le Po et le Shen Ti disparaissent progressivement, il peut y avoir apparition d’esprit errant. Cela peut se produire lorsqu’au moment de la mort la personne ressent une émotion trop intense (meurt dans l’agitation au lieu du calme) ou se trouve dans un conflit psychologique important (suicide,…).
  • Le Hun et le Po restent ensemble alors que le Shen s’en va… la forme part avec l’âme, l’un empêche l’autre de se disperser. C’est ce que l’on appel un fantôme, un résidu psychique… l’image du défunt peut apparaitre à certains. Cela est dû au fait qu’au moment de la mort, la personne avait une colère excessive, une haine intense, un chagrin très puissant, une tristesse profonde.
  • Le Po reste avec le Shen Ti, il reste collé au corps… le corps ne se décompose pas, il garde sa forme. La personne devient « odeur de sainteté ». Très rare sont ces personnes et généralement elles ont eu des pratiques spirituelles intenses durant leur vie. C’est le signe que la personne est morte en conscience, corps et esprit se sont séparés mais chacun à garder sa source.

La tradition chinoise considère la mort comme un moment privilégié de la vie humaine. Mourir en paix, dans le calme est un moment très important et un droit fondamental… plus encore que le droit de vote.
Mourir en paix, c’est la clé du paradis… Mourir dans la souffrance, c’est la porte de l’enfer (on ne trouve pas le repos). Il y a toujours une notion de passage et c’est ce passage qui compte.

La porte qui va s’ouvrir dépend de votre état au moment de la mort…

Sources :

– Enseignement du Dr Leung Kok Yuen transmis par Patrick Shan et Jean Pelissier,
– Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché.

 

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2 Commentaires

  1. francine ehny

    Bravo pour ce travail

    Réponse

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