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État bucco-dentaire et maladies chroniques : le point sur nos mises en bouche

D’après certains dentistes environnementaux, il existe un lien avéré entre maladies chroniques et notre état bucco-dentaire. Des amalgames contenant du mercure aux alliages en métaux toxiques, en passant par les implants en titane ou les couronnes en or: le Dr Holger SCHOLZ passe en revue nos mises en bouche!

Le Dr Holger SCHOLZ est un des rares spécialistes en dentisterie holistique travaillant en médecine environnementale, en Allemagne. Découvrant l’impact des métaux mis en bouche depuis des décennies sans qu’on n’ait jamais pris en compte leur effet toxique sur la santé, il a repris ses études il y a plus de 15 ans, notamment en chimie et biochimie, et propose désormais des soins hyperspécialisés en dentisterie.

Pour Prévention Santé, notre correspondante Judith Albertat de I FOR LYME – International Fund fOr Research on LYME Disease nous partage la retranscription et l’interview en vidéo.

Dans cette interview, le Dr SCHOLZ explique les conséquences sur la santé en cas de présence de mercure, or, titane, alliages de métaux divers dans les dents, les couronnes et les bridges. Il travaille avec le Dr Joachim MUTTER, spécialiste en médecine environnementale, à Constance.

Qui êtes-vous ?

Je suis le Dr Holger Scholz, je suis à Constance depuis 10 ans. En fait, nous avons lentement évolué depuis l’enlèvement des métaux en bouche vers la dentisterie biologique. Notre développement nous a amenés à accueillir certains médecins comme le Dr Mutter par exemple, à recueillir leurs retours sur l’efficacité des soins dentaires.

En quelques années, nous avons amélioré nos procédures et nos compétences. Nous avons pris des conseils de collègues et développé une méthode  pour l’enlèvement des métaux en bouche dans les meilleures conditions. Nous traitons aussi les inflammations situées dans les mâchoires et qui proviennent d’anciennes interventions sur des racines dentaires.

Finalement, cela nous a amené à nous occuper de patients affectées de pathologies multifactorielles. Ce sont des gens qui n’ont pas nécessairement des problèmes dentaires avérés mais qui trouvent en fait une réelle aide dans de concept de la médecine globale environnementale.

Les patients nous demandent souvent si les amalgames qu’ils ont en bouche peuvent avoir un lien avec leurs maladies chroniques et là il faut fondamentalement faire la différence entre deux choses – ce qui est le cas pour le mercure par exemple :

D’abord, le métal est-il toxique et deuxièmement, peut-il générer une réaction immunitaire ?

Avec le mercure nous nous trouvons dans une situation où les deux aspects sont concernés :

  • Nous avons un problème de toxicité, c’est-à-dire que le mercure libéré et qui provient d’un amalgame peut générer des situations inflammatoires dans diverses parties du corps
  • Mais par ailleurs le mercure génère aussi une réaction immunitaire, c’est-à-dire que le corps tout entier va réagir pour se débarrasser de ce métal en générant une cascade de réactions immunitaires.
  • Mais il y a aussi l’or, qui génère un problème de réaction immunitaire bien plus important que le mercure.
  • Mais avec le mercure, c’est surtout l’effet toxique qu’il faut considérer.

 

Les patients nous demandent souvent s’il faut enlever les amalgames ou aussi les autres métaux, Et là, on est très clairs, dans tous les cas il faut qu’ils retirent tous les métaux y compris les alliages en or car d’abord on ne sait même pas si c’est de l’or pur qui a été posé, en fait il n’y a souvent que 60% d’or ce qui signifie qu’il y a d’autres composants dans la couronne.

Par ailleurs nous enlevons tous les métaux avec de hautes mesures de précaution :

  • Pour l’or, nous posons une digue qui sert de protection mécanique afin de protéger le patient de petits éclats ou de vapeurs d’or – ou de palladium.
  • Le mercure est un métal particulier, il est déjà liquide à température ambiante. Ca veut dire qu’il dégage tout de suite des émanations.
  • Le problème de l’amalgame, c’est cette émanation de mercure quand on pose ou on enlève l’amalgame chez le patient, ou quand il mange quelque chose d’acide, ou de chaud, ou quand il grince des dents.

C’est pourquoi il faut absolument prendre davantage de mesures de précaution.

C’est un peu différent avec l’enlèvement des alliages en or par exemple. Malheureusement les amalgames au mercure sont encore très utilisés en Allemagne et en Europe. En Europe on utilise chaque année environ 100 tonnes de mercure rien que pour les soins dentaires.

Il faut savoir qu’un amalgame contient environ 50% de mercure, ce qui veut dire qu’il y a environ 200 tonnes d’amalgames au mercure qui sont posés chaque année en Europe, Allemagne incluse. Et il ne semble pas que ça va diminuer.

Peut-on se passer du mercure et des amalgames ?

Nous avons plein de possibilités aujourd’hui pour soigner les dents sans utiliser de métal. Le problème est que les matériaux biocompatibles doivent être travaillés de manière extrêmement « propre »

Quant je pose un amalgame au mercure, même si je ne le pose pas très bien, ce métal est tellement toxique qu’aucune bactérie ne viendra se mettre en contact avec lui.

Ce qui signifie qu’il n’y a, pour ainsi dire, aucun risque de nouvelle carie avec ce type de plombage.

Quand je pose un plombage biocompatible, c’est-à-dire du biocomposite, les bactéries « aiment » en quelque sorte ces matériaux et si le travail n’est pas très proprement fait et que le matériau de rebouchage n’est pas assez épais et ne fait pas bien contact dans la cavité, alors il peut y avoir de nouvelles caries

C’est un des inconvénients des soins sans métal. L’autre, c’est bien sûr le coût des matériaux biocompatibles, ce qui limite ainsi leur utilisation.

La formation des dentistes évolue-t-elle en Allemagne ?

Quand on regarde ce qu’apprennent les étudiants en dentisterie, ils ne sont, à part dans certaines Universités, pas au courant des mesures de précaution qu’il faut prendre lors de l’enlèvement des amalgames.

Ce qu’il faut dire aussi, c’est qu’il y a de moins en moins d’universités qui apprennent aux étudiants à poser des amalgames. Cela est dû au fait que les universitaires pensent fondamentalement que les amalgames ne posent aucun problème.

Très souvent les patients nous demandent si les implants en titane qui leur sont proposés par nos collègues sont un problème potentiel. Les patients savent que nous proposons des soins sans métal. Or on sait qu’environ 99% des implants qui sont posés sont en titane.

De notre point de vue, on a, avec le titane, au moins autant de problème qu’avec les autres métaux.

Le titane ne génère pas d’allergie, c’est ce que leur dit leur dentiste et c’est exact.  Mais environ 50% de la population réagit à l’oxyde de titane émis lors du contact entre le titane et les tissus, et développent ensuite une réaction inflammatoire, que l’on peut mesurer : c’est vraiment quelque chose que l’on peut objectiver.

Par ailleurs, un autre problème, c’est que notre société développe malheureusement l’utilisation de l’oxyde de titane en tant qu’agent de blanchiment, on le trouve désormais un peu partout : dans certains aliments, dans des médicaments, les cosmétiques,

Ce qui veut dire que nous sommes de plus en plus souvent en contact avec l’oxyde de titane, sans savoir quelles en seront les conséquences dans 5, 10 ou 15 ans.

Il existe des alternatives aux implants en titane, ici nous conseillons les implants en céramique.

Nous avons ici plus de 10 ans de recul sur l’utilisation et la pose de ce type d’implants, au total plus de 40.000 implants en céramique ont déjà été posés depuis que ce type d’intervention a commencé dans le monde,

Il y a de nouveaux fabricants de ce type d’implants, ça évolué dans le temps et il existe désormais une réelle expérience dans le domaine des implants en céramique.

Nous avons également publié sur ce sujet, nous avons présenté nos travaux dans des grands congrès, et dans tous les cas nous conseillons de ne pas poser d’implants en titane mais plutôt en céramique.

Un autre point à considérer est que ces métaux, qu’il s’agisse d’implants en titane ou de bridges en métal, agissent comme des antennes. Des études scientifiques ont démontré que ces métaux augmentent de 500 à 700 fois, dans notre cerveau, les signaux radio haute fréquence que nous subissons quotidiennement.

C’est pourquoi, à notre avis, on ne devrait pas utiliser d’implants en titane.

Votre approche s’intègre donc dans la médecine environnementale ?

Nous travaillons depuis maintenant 10 ans avec le Dr Joachim MUTTER, nous nous sommes rencontrés lors d’une conférence, il cherchait un endroit pour exercer car l’Université de Fribourg ne souhaitait plus développer ses travaux de recherches en médecine environnementale.

Nous connaissions déjà le magnifique travail qu’il faisait, le nombre de malades chroniques qu’il avait déjà aidés, et considéré que c’était une chance pour nous de pouvoir l’accueillir ici.

Nous savions par ailleurs que le travail de dentisterie que nous proposons est bien plus efficace dès lors qu’il s’intègre à la médecine environnementale. Il est évident que l’on doit retirer les amalgames au mercure, ça améliore très vite tous les patients, ce qui est déjà un tout petit pas vers la santé.

En fait le corps est souvent intoxiqué par un amalgame qui a été posé 30 ans plus tôt :  dans bien des cas on ne peut pas attendre que le corps élimine tous ces toxiques, il faut l’aider. Nous devons donc faire appel à la médecine environnementale pour enlever ces poisons. C’est là que nous avons saisi cette chance, il y a quelques années, de travailler avec le Dr Mutter.

Par ailleurs le Dr Mutter savait d’expérience, à travers ses approches thérapeutiques et les résultats obtenus, que ses traitements étaient beaucoup moins efficaces sans soins dentaires spécifiques permettant de nettoyer la cavité buccale.

Nous avons alors décidé de travailler ensemble. A partir de là nous avons développé un concept encore plus important, nous sommes devenus de plus en plus exigeants dans nos pratiques et avons pu constater les réels bénéfices pour les patients. C’est assez difficile de trouver des collègues qui veulent bien travailler avec nous ici, dans notre cabinet. Ou qui le peuvent, car ça veut dire repartir de loin, refaire des études de biochimie, reprendre toutes les bases,

Et ça en effraie plus d’un. En fait il est plutôt rare que, dans d’autres cabinets, nos collègues pratiquent la « dentisterie globale ».

En général ils n’ont pas conscience du niveau de gravité et des conséquences liées aux mauvaises obturations des canaux dentaires ou à la présence de métaux en bouche.

La réalité avec ces métaux, c’est qu’on a une vraie intoxication dans le corps, bien sûr elle n’est pas la même chez tout le monde. Souvent on ne s’aperçoit que 20 ou 25 ans plus tard de l’effet toxique de ce que nous avons posé chez un patient!

C’est difficile aussi pour le dentiste. Autrefois je ne voyais que 2 ou 3 patients venant dans le cadre de traitements globaux environnementaux, je ne travaillais pas avec un médecin environnemental et pour ainsi dire, le patient venait et repartait et c’était tout : je considérais que son problème était réglé.

C’est très frustrant pour un dentiste quand tout ce qu’il a fait par le passé doit être remis en question : on se sent un peu agressé ! Tout ce que j’avais appris, toutes mes certitudes, il a fallu les vérifier et les remettre en question.

C’est une des raisons pour lesquelles mes collègues préfèrent fermer les yeux.

D’où viennent vos patients ?

Nos patients viennent du monde entier. Bien sûr nous avons des patients allemands mais nos pratiques n’étant pas très connues ici, nous avons peu de patients locaux. Beaucoup viennent de Suisse, de France, du Benelux, des Etats-Unis.

Ca vient du fait que la technique d’enlèvement des métaux en bouche, aux USA, n’est pas une aussi avancée que chez nous. La pose d’implants en céramique n’y est pas du tout développée non plus. Et puis nous travaillons aussi avec des cliniques qui proposent de la médecine environnementale, il y a une clinique en Suisse, par exemple, qui reçoit de nombreux patients venant d’Asie ou des Pays Arabes.

Ces cliniques sont conscientes de la nécessité de faire réaliser de bons travaux dentaires globaux et nous adressent des patients, car elles n’ont pas la structure nécessaire pour cela. Au final, notre clientèle est très internationale.

Comment pensez-vous évoluer dans le futur ?

Cela fait donc environ 10 ans que nous faisons de la dentisterie biologique basée sur l’étiologie de la maladie, mais je sais que nous pouvons et devons encore nous améliorer.

Par exemple, ce que nous avons constaté c’est que les patients ont besoin de divers thérapeutes complémentaires dans le cas de graves maladies chroniques, et donc nous devons rassembler des compétences complémentaires sur un même lieu afin de leur faciliter l’accès aux soins.

Pour le patient affecté d’une maladie chronique il ne faut pas qu’il fasse des centaines de kilomètres pour accéder aux divers soins dont il a besoin car il est déjà épuisé, il faut que nous puissions lui fournir la globalité des soins dont il a besoin en un seul et même lieu.

C’est notre tout prochain projet de pouvoir, dans un cadre intégratif, proposer aussi des conseils nutritionnels, des séances de gymnastique personnalisées – car le maintien d’une bonne motricité est une des pierres de reconstruction de la santé.

Nous voulons proposer du coaching, en fait il y a de nombreuses choses à faire qui sont essentielles pour mieux aider les malades chroniques, mais il faut les rassembler sous un même toit pour qu’elles leur soient plus facilement accessibles et surtout, plus bénéfiques pour eux, en un temps plus court.

Il y a plein de maladies comme la Maladie de Charcot ou d’autres maladies neurodégénératives pour lesquelles je suis absolument certain qu’avec les bonnes thérapies, une approche encore plus globale, on pourra vraiment mieux aider les malades qu’aujourd’hui.

Peut-on vraiment aider les malades atteints d’une maladie de Charcot ?

On peut vraiment faire quelque chose pour ces malades. Nous avons reçu, dans ce cabinet, les tous premiers patients frappés d’une SLA il y a environ 10 ans et à l’époque les pronostics n’étaient pas bons au regard des statistiques concernant cette maladie.

En renforçant notre concept et en devenant de plus en plus exigeant dans nos pratiques, nous constatons aujourd’hui des améliorations chez ces patients.

Pour les malades de Charcot, le diagnostic est souvent validé au préalable par un ou deux hôpitaux. Pourtant nous avons vraiment pu constater que, chez quelques malades, avec ces thérapies globales, les symptômes diminuent ou même disparaissent.

Ce qui signifie que nous pensons être vraiment sur la bonne voie avec ce type d’approche. Naturellement nous ne pouvons pas aider tous les malades, c’est une pathologie très compliquée, comme bien d’autres d’ailleurs.

Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus dans cette situation communément admise par les médecins et qui consiste à annoncer cette nouvelle terrifiante au patient : il ne vous reste plus qu’un très court temps à vivre et puis ce sera la fin ! C’est aussi pour cela que nous devrons proposer du coaching dans notre pratique future,

Car la peur du patient contribue forcément à le maintenir dans sa maladie. Et c’est juste ce dont nous n’avons pas besoin. Nous avons vraiment vu des améliorations chez les patients souffrant d’une maladie de Charcot dès lors qu’ils sont correctement accompagnés et c’est ce qui nous motive à réfléchir à notre projet futur.

La dentisterie environnementale offre-t-elle une voie pour le futur ?

Nous essayons de partager nos savoirs avec nos confrères. En Allemagne il existe une université de dentisterie environnementale, je rencontre donc des confrères qui sont en principe intéressés par la dentisterie holistique environnementale,

Mais il est vraiment très rare que des confrères franchissent le pas. C’est franchement dommage car le besoin est immense. En fait, il y a quelques cliniques dentaires en Allemagne qui offrent les mêmes soins et pratiques que les nôtres, mais elles sont assaillies de demandes.

Et ce sera pire dans le futur car les maladies chroniques ne cessent d’augmenter. De ce fait il nous faut non seulement former davantage de dentistes mais surtout il faut que nos confrères soient vraiment convaincus que c’est la bonne approche pour aider ces malades chroniques,

il ne faut pas considérer l’enlèvement des métaux en bouche comme un dernier recours mais au contraire, que les métaux ne devraient tout bonnement pas être utilisés. Il faut vraiment intervenir tôt avant que l’état du patient ne s’aggrave. Et là, il y a encore du travail !

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