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Lévothyrox : des nanoparticules dans les comprimés ?

Y-a-t-il des nanoparticules de métal dans la nouvelle formule du Lévothyrox ? Et si oui peuvent–elles à elles seules expliquer les effets adverses dont se plaignent de nombreux patients ? Les associations de malades de la thyroïde ont fait analyser les comprimés de la nouvelle formule. Ils contiendrait des débris métalliques. Nous étions à la manifestation de l’association des malades de la thyroïde le 2 mai 2018 à Paris. Ils ont répondu notamment à nos questions : Jacques Guillet, docteur en médecine nucléaire, l’actrice Anny Duperey et Gauthier Lefèvre, avocat.

« On met en évidence des nanoparticules avec des alliages fer-chrome, chrome-nickel, fer-chrome-silicium, ferrochrome-aluminium, alors que dans l’ancienne formule il y avait seulement quelques débris d’acier », affirme le docteur Jacques Guillet, le médecin qui a mené des analyses pour l’Association des Malades de la Thyroïde.

Le laboratoire Merck quant à lui dément  formellement la présence de nanoparticules qui dépasserait les normes  dans son médicament.

De son côté l’Agence du médicament avait déjà effectué une enquête en janvier sur les impuretés contenues dans le médicament. Elle concluait qu’il n’y avait pas de dépassement des normes.

Cette enquête faisait suite à un bilan d’analyse en septembre 2017 pour contrôler la conformité de la nouvelle formule.

L’agence du médicament avait cherché alors à vérifier si le produit vendu  était bien celui qui avait été autorisé.

Cependant, il n’est pas inintéressant de remarquer que l’Agence  pour cette analyse s’est contentée des  6 échantillons fournis par le fabricant. On aurait pu imaginer qu’elle aille tout simplement analyser des échantillons pris en pharmacie. Comment, dans ces conditions , peut-on imaginer restaurer la confiance et rassurer les patients sur la diligence de l’Agence déjà maintes fois mise en cause, notamment lors de l’Affaire Médiator.

Si les malades manifestent devant l’assemblée nationale le 2 mai 2018,  c’est pour dénoncer une crise sanitaire loin d’être réglée.

« Je suis furieuse » déclare une patiente exaspérée « J’ai perdu tous mes cheveux. Avant je ne savais pas pourquoi, maintenant oui ».

Je ne comprends pas Madame Buzyn, déclare quant-a-elle l’actrice Anny Duperey. Elle déclare que l’on se trouve devant une inconnue scientifique mais que fait-elle pour l’élucider cette inconnue ?

 

Que fait le ministère de la Santé ?

Temporiser et essayer de rassurer semble être la devise du ministère de la Santé dans un communiqué. Où en est l’enquête sur cette série hors norme d’effets indésirable ? Patience, ce n’est que fin mai que l’on devrait en savoir plus en principe.

La mission « Information et Médicament » remettra son rapport à la Ministre des Solidarités et de la Santé . On sait d’ores et déjà qu’elle devrait proposer des améliorations sur l’information autour du médicament. L’information, oui mais quid des effets secondaires ? Bizarrement, ils ne sont toujours pas reconnus à leur juste mesure.

Résultats sur les risques du passage à la nouvelle formule en juillet 2018 ?

En attendant, on progresse au ministère sur la connaissance du profil sociologique des patients sous Lévothyrox ou plutôt des patientes (étude disponible ici).

Il s’agit d’un étude de pharmaco-épidémiologie en deux volets : le premier pour décrire la situation et le deuxième pour mesurer les risques du passage à la nouvelle formule. Le deuxième volet, appelé « volet comparatif » de cette étude est attendu à la fin du 1er semestre 2018.

Le volet descriptif a pour objectif de décrire les caractéristiques et l’état de santé des patients qui sont passés de l’ancienne à la nouvelle formule du Lévothyrox® entre mars et juin 2017.

85 % sont des femmes avec une moyenne d’âge de 64 ans 

L’ANSM montre que la population traitée en France par le Lévothyrox est composée à 85% de femmes avec une moyenne d’âge de 64 ans. Le passage à la nouvelle formule s’est fait majoritairement au mois de mai. Ce passage n’a pas été associé à une modification notable de la dose moyenne. « Concernant les dosages de TSH, après 4 mois on observe une augmentation de leur fréquence chez les patients passés à la nouvelle formule du Lévothyrox en mai-juin 2017 ».

80 % des patientes dont l’indication est connue sont traitées pour Hypothyroïdie, 12% pour cancer et 7% pour hyperthyroïdie. Elles sont sous traitement depuis 7 ans et demi en moyenne.

Étude sur le dernier trimestre 2017

Une autre étude concerne le dernier trimestre 2017 avec la mise à disposition de nouvelles spécialités. Cette nouvelle étude ne considère que le dernier trimestre 2017 et montre comment se répartissent les différents achats de lévothyroxine.

Au total, de l’ordre de 3 millions d’utilisateurs de produits à base de lévothyroxine en France au cours du dernier trimestre 2017 .Pas d’évolution notable du nombre total d’utilisateurs au cours de la dernière année selon l’étude.

Toujours au dernier trimestre 2017, 472 380 personnes (soit 15,5% des utilisateurs) ont initié une spécialité à base de lévothyroxine nouvellement mise à disposition.

Concernant les nouveaux patients ayant initié un traitement par lévothyroxine au dernier trimestre 2017 : 12,8% ont utilisé une des nouvelles alternatives: 83% ont utilisé Lévothyrox NF (nouvelle formule).

Le compte n’y est pas pour Gérard Bapt

Entre 500 000 et un million de personnes ne seraient pas passées à la nouvelle formule. C’est ce qu’a annoncé pour sa part  l’ancien député Gérard Bapt après avoir consulté les ventes de la sécurité sociale.

Que dit l’étude du ministère sur les patients qui achèteraient leurs médicaments dans les pays voisins ? Silence à ce propos.

L’ancienne formule pas très disponible

Enfin, l’ancienne formule ne serait  pas suffisamment disponible en pharmacie. C’est ce qu’ont fait constater par huissiers les avocats des victimes de la région grand EST. Ils ont envoyé des huissiers au même moment chez les quatre grossistes de la région.

Les avocats estiment que l’absence de Lévothyrox en quantités suffisantes constitue une circonstance aggravante dans la mise en danger de la vie d’autrui.

Qu’on le veuille ou pas, la crise est là, affirme Maître Gauthier Lefèvre, avocat des victimes.

L’affaire est aujourd’hui entre les mains de la justice au pôle de santé publique de Marseille.

Sources :

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12 Commentaires

  1. Isabelle

    Voilààà!! Ils ont gagné, la loi sur le secret des affaires a été pondue et acceptée.

    Dorénavant, il sera interdit de dénoncer les empoisonnements, les scandales financiers, les atteintes à l’environnement, les médicaments qui tuent ou handicapent, les conditions abjectes dans les abattoirs.

    La corruption, les conflits d’intérêt et les trahisons en tous genres.

    Malgré la levée de bouclier, l’exécutif a penché du côté des lobbies. Mais, pouvait-il en être autrement avec un banquier et ses sbires à la tête de l’état ?

    https://lesmoutonsenrages.fr/

    Réponse
  2. Isabelle

    Pharmacovigilance

    Pour l’ancien député socialiste et cardiologue, Gérard Bapt, – qui sert d’expert à plusieurs associations de malades –, cette étude est au minimum déroutante. «Le laboratoire n’est pas catégorique, mais il évoque une forte probabilité. La présence de dextrothyroxine, élément qui provoque des effets secondaires assez proches de ceux que l’on a observés avec la nouvelle formule, est vraiment troublante. Il faut la confirmation de nouvelles études, mais il est incroyable que ce travail soit fait aujourd’hui par une association et non par l’ANSM.»

    L’agence, interrogée, ne fait pour l’instant «pas de commentaire», soulignant juste que des études avaient déjà été entreprises. Et qu’en juillet une nouvelle réunion du comité de suivi de pharmacovigilance se tiendra. Pour sa part, le laboratoire Merck a formellement démenti «ces informations fantaisistes», menaçant même de porter plainte.

    Réponse
  3. Isabelle

    Info,

    Une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, menée par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), met en lumière un sous-dosage d’une molécule entraînant des « réveils de cancers endormis » et la présence d’une autre molécule, non présente dans la liste des composants, qui est interdite aux États-Unis.

    L’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) annonce, jeudi 14 juin, avoir mené une analyse sur la nouvelle formule du Levothyrox, dont beaucoup de patients disent souffrir des effets secondaires. Ces recherches révèlent que cette formule contient moins de Lévothyroxine que les spécifications en vigueur, ce qui pourrait expliquer les dysfonctionnements du traitement. « Des patients cancéreux se trouvent sous-dosés en hormones thyroïdiennes, nous avons observé de façon conséquente des réveils de cancers endormis depuis des années », explique l’association.

    Le deuxième élément de cette étude est la présence, dans le traitement, de Dextrothyroxine, qui ne figure pas, selon l’association, dans la liste des composants. Cette substance de synthèse, non commercialisée en France, a été retirée de la vente aux États-Unis en raison d’effets secondaires similaires à ceux décrits aujourd’hui par les malades de la thyroïde qui décrivent des crampes, maux de tête, vertiges et perte de cheveux.

    Les résultats transmis à un juge d’instruction
    Les résultats de cette étude ont été transmis à la juge d’instruction du pôle santé de Marseille chargée du dossier, ouvert pour « tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d’autrui ». L’AFMT, estimant que « la ‘sécurité sanitaire’ ne permet pas d’attendre l’issue de l’instruction pénale pour agir », en appelle à l’Agence nationale du médicament, lui demandant de mener une étude sur un nombre significatif d’échantillons, ancienne et nouvelle formule, par des laboratoires indépendants.

    « À ce stade, notre Association ne prétend pas, sur une seule étude, disposer d’une ‘preuve’ indiscutable, mais d’un fait nouveau important. Car si ces résultats étaient confirmés, comme on peut le penser, ils pourraient constituer une explication rationnelle à cette crise, d’origine toujours inconnue », précise l’association. L’ANSM et le laboratoire Merck ont remplacé, en février 2017, l’ancienne formule du Levothyrox par une nouvelle. Près de 500 000 patients se sont détournés de ce traitement depuis, selon le ministère de la Santé.

    Réponse
  4. Isabelle

    Nan mais quel foutage de bouche!

    https://fr.surveymonkey.com/r/petitionUSPO

    Le laboratoire MERCK et les autorités de santé ont mis toutes les pharmacies devant le fait accompli en annonçant la mise à disposition de boîtes de 90 comprimés pour les 8 dosages de LEVOTHYROX.

    Le laboratoire, dont la communication laisse à désirer depuis un an, met en avant une demande exprimée par de nombreux patients et professionnels de santé, et ce, sans avoir demandé l’avis des pharmaciens.

    L’USPO conteste cette décision prise par les autorités de santé, le laboratoire et le comité économique des produits de santé (CEPS) sans aucune consultation des syndicats représentatifs des pharmaciens d’officine, alors que les conséquences économiques pour les officines sont importantes et connues de tous.

    Elle témoigne d’un manque de respect flagrant du travail remarquable des pharmaciens d’officine lors de la crise liée au changement de formule du LEVOTHYROX. Pendant près d’un an, les pharmaciens d’officine ont informé, rassuré les patients sur ces modifications et se sont investis pour compenser une communication défaillante du laboratoire.

    Si les grands conditionnements sont si utiles aux patients, pourquoi pénaliser financièrement les pharmaciens quand ils les délivrent ? Les patients ont de plus en plus de mal à s’y retrouver et les refusent à juste titre.

    ???????

    Elle témoigne d’un manque de respect flagrant du travail remarquable des pharmaciens d’officine lors de la crise liée au changement de formule du LEVOTHYROX. Pendant près d’un an, les pharmaciens d’officine ont informé, rassuré les patients sur ces modifications et se sont investis pour compenser une communication défaillante du laboratoire.

    Et le manque de respect flagrant des patients traités d’affabulateurs quant a leurs symptômes?
    Leurs sourires narquois en disant: ben, vous n’avez qu’a vous fournir dans un autre pays.
    Leurs paroles blessantes sur certains blogs, a l’encontre de cellesceux qui veulent en savoir plus?

    Les pauvres pharmaciens, ils ont peur de perdre quelques sous sous, et se moque bien du bien-être de leurs CLIENTS.

    Cela se nomme: inversion des valeurs.

    Réponse
  5. Isabelle

    Quoi qu’il en soit, le meilleur des remèdes est d’ éviter de devoir prendre des médocs.

    🙂

    Réponse
  6. Isabelle

    Juste un truc,

    Ayant été sous levo ancienne formule, me suis rabattue sur l’ancienne formule trouvée dans un autre pays, ne supportant pas la nouvelle formule. Ai du changer le dosage. Plus bas.

    A croire que les anciennes formules que nous pouvons encore trouver dans d’autres pays ne sont pas identiques, a celles qui ont été écoulées en France.

    C’est quoi ce bord’ailes?

    Ce n’est pas une plainte, mais faut qu’ils cessent de nous prendre pour des idiotes! Il ne faut pas lâcher le morceau, pour la simple et bonne raison que cela concernera tout les médicaments. Marge thérapeutique étroite, hop là, ils s’en moque! C’est une porte ouverte a toutes les dérives. A la place du coeur, ils ont un tiroir caisse!

    Bien à vous,

    Réponse
  7. Isabelle

    Bonjour,

    1) Le Docteur Bouvier, médecin à Reims a fait faire de nombreuses analyses à ses malades. Il affirme avoir découvert des désordres touchant au système nerveux central (journal L’Union de ce jour).

    2) https://www.researchgate.net/publication/230122916_Production_Methods_of_D-Mannitol

    3) Un ex-chercheur du laboratoire Merck évoque l’idée que l’acide citrique, présent dans la nouvelle formule du Levothyrox, influerait sur l’efficacité du médicament.

    Beaucoup de points ? et toujours pas de réponses! Quel sac de noeuds!

    Meilleures pensées à toustes,

    Réponse
    • Isabelle

      Claudie, bonjour,

      Quel levo? Nouveau, ancien?
      Que prenez-vous a la place?

      Merci,

  8. claudie szyszka

    moi jai arreté le levotyrox il y as 1 mois et demi et m’en trouve bien plus de douleurs musculaires !!!!

    Réponse
  9. Isabelle

    Oups!

    Camille avec un grand C, 🙂

    Réponse

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