Pourquoi notre ventre est-il si mal compris ? - Prévention Santé
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Pourquoi notre ventre est-il si mal compris ?

Bonjour Marion Kaplan, merci de m’accorder cette interview pour la revue Aspiration, par Déborah Donnier.

DD : Pourquoi notre ventre est-il si mal compris ?

MK : Drôle de question. Notre éducation, la médecine, les croyances, font que depuis des millénaires, on ne prête pas attention aux signes de notre ventre : ballonnements, constipation, diarrhée, crampes, aigreurs etc. tous ces symptômes sont considérés comme peu importants, et pourtant ! On est en train de comprendre que la plupart de nos maladies débutent dans notre ventre !

DD : Est-ce que les déséquilibres digestifs sont souvent la cause et la conséquence de troubles psycho émotionnels ?

MK : On commence à comprendre aujourd’hui que nos neurotransmetteurs se fabriquent dans notre ventre et qu’ils sont étroitement liés à notre cerveau. Quand on subit une émotion, nos surrénales doivent réagir immédiatement : elles vont chercher dans nos os le manganèse et le calcium pour oxygéner notre cerveau et notre intestin doit fournir l’adrénaline, la dopamine, ou la sérotonine pour nous calmer. On est dans l’histoire de la poule et de l’œuf. Si vous avez mal au ventre, vous êtes perturbés. Et si vous êtes perturbés, vous avez mal au ventre…

DD : Quelle nourriture pour un cerveau en bonne santé ?

MK : C’est compliqué de répondre à une telle question. En effet ce n’est pas forcément ce que l’on mange qui va être important mais ce qu’on assimile. Or, l’assimilation demande à avoir une bonne flore intestinale. Je répondrai en disant qu’il vaut mieux nourrir son microbiote pour nourrir son cerveau. Les ennemis du microbiote sont le gluten, le sucre, et les produits laitiers de vache. Je ne parle évidemment pas de tous les aliments transformés, bourrés de pesticides et de chimie ! On a bien compris il fallait manger des aliments naturels cuisinés à la maison.

DD : Pourquoi parle-t-on de plus en plus du régime sans gluten ?

MK : Car depuis 50 ans d’alimentation a complètement changé. Regardez ce que mangent nos jeunes : pizzas, fast-food, pâtes, sandwiches, paninis, viennoiseries, sodas sucrés, aliments bourrés de chimie et exempts d’éléments nutritifs ! Cette malbouffe a dégradé depuis deux générations, notre précieuse flore intestinale. De plus, on est en train de s’apercevoir que les cultivateurs arrosent le blé de l’herbicide Roundup, ou glyphosate, juste avant la récolte car cela permet d’unifier les parties vertes du champ avec les plus matures et de tout récolter en même temps. Or, cette pratique entraîne de plus en plus de maladies céliaques et de maladies auto-immunes. Monsanto nous fait croire que le glyphosate n’est pas dangereux pour les humains et les mammifères or, ce n’est pas parce que ce produit ne nous tue pas immédiatement qu’il n’est pas toxique. En fait, l’ingrédient actif du Roundup perturbe sournoisement nos microbes intestinaux bénéfiques et contribuent à la perméabilité de la paroi intestinale entraînant une malabsorption source de nombreuses maladies auto-immunes. Ce qui est grave, c’est que l’impact négatif de l’exposition au glyphosate est lente et insidieuse au fil du temps, car l’inflammation pénètre progressivement dans les cellules. Les maladies liées à cette inflammation sont nombreuses : problèmes gastro-intestinaux, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, dépression, autisme, infertilité, cancer, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer etc.

DD : Certains Médias pensent encore que c’est un effet de mode… qu’en pensez-vous ?

MK : Le problème des médias, ce qu’ils disent tous la même chose sans vérifier. J’ai souvent été interrogée par des jeunes journalistes, et j’étais horrifiée de leur manque de connaissances. Comment voulez-vous qu’ils se fassent une idée s’ils n’ont pas passé leur vie à étudier ce phénomène. Ils ne feront que répéter ce que les lobbys les entraînent à croire : c’est-à-dire que ce serait une mode. Vous imaginez le nombre de chômeurs qu’il y aurait si tout le monde arrêtait de manger du pain, des viennoiseries, pizzas, des pâtes etc ! Et les médecins n’étant pas formés à la nutrition, puisqu’ils n’ont que quatre à cinq heures d’études sur la nutrition en 7 ans de médecine, ils ne font que rarement le lien entre une maladie chronique, le microbiote et la nutrition.

DD : Et le detox ?

MK : C’est un mot très à la mode qui fait vendre de nombreux régimes. À part le jeûne, je ne crois pas au détox. En effet, avoir une bonne flore intestinale est primordial. Donc plutôt que de parler de détox, je dirais qu’il vaut mieux restaurer sa flore intestinale et cela peut prendre beaucoup de temps selon notre état de santé.

DD : Où peut-on vous retrouver ?

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Interview réalisée dans le cadre du magazine Aspiration

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